JFHOD

P157 - Intolérance au lactose au cours du syndrome de l'intestin irritable : quelle relation ?

Piche Thierry, Dainese Raffaella, Casellas Francesc, de Lazzari Franca, d'Incà Renata, Sturniolo Giacomo-Carlo, Montoya Marie-Lise, Collomp Rémy, Hébuterne Xavier
Introduction

L'importance de la malabsorption au lactose au cours du syndrome de l'intestin irritable (SII) reste controversée bien que des symptômes d'intolérance au lait soient souvent rapportés par ces malades. Les buts de l'étude étaient d'évaluer au cours du SII la relation entre la perception subjective de l'intolérance au lait et l'évidence biochimique de la malabsorption au lactose, et de corréler la mesure de la malabsorption à l'intensité des symptômes digestifs pendant un test de provocation oral au lactose.
 

Patients et Méthodes

Soixante six malades atteints de SII selon les critères de Rome III (49 F, 19 H, âge moyen 42,8 ± 14,1 ans) ont été inclus prospectivement. Aucun d'entre eux n'avait reçu d'antibiotiques ou d'antisécrétoires pendant les 15 jours précédent le test de provocation. La malabsorption au lactose était déterminée après une charge orale en lactose (50 g) par l'intermédiaire d'un test respiratoire à l'hydrogène. Les mesures étaient effectuées toutes les 30 minutes pendant 3 heures [1]. Lors de chaque mesure, les malades notaient l'intensité des symptômes digestifs par l'intermédiaire d'un questionnaire validé comprenant des échelles visuelles analogiques graduées de 0 à 10.
 

Résultats

La perception subjective de l'intolérance au lait était rapportée par 34/66 malades (51 %) et le test respiratoire était positif chez 34/66 malades (51 %). La concordance entre la perception subjective de l'intolérance au lait et la positivité du test respiratoire existait chez 29/66 malades (44 %). La valeur prédictive positive de la perception subjective de l'intolérance au lait était de 56 %. 19/66 malades (29 %) présentaient une diarrhée prédominante, 12/66 (18 %) une constipation prédominante et 35/66 (53 %) essentiellement des douleurs. Le test respiratoire au lactose était positif chez 6/19 (32 %) malades avec diarrhée prédominante, 7/12 (58 %) avec constipation prédominante et 21/35 (60 %) avec des douleurs prédominantes sans différence significative entre les trois types de SII (p = 0,1). Les valeurs moyennes des scores symptomatiques pendant le test de provocation étaient corrélées aux valeurs moyennes de la production d'hydrogène (ΔH) (r = 0,34, p = 0,04) et au temps de transit orocaecal (r = -0,41, p = 0,02).
 

Conclusion

Chez les malades atteints de SII, la perception subjective de l'intolérance au lait est élevée mais la concordance avec l'évidence biochimique d'une malabsorption au lactose reste faible. La prévalence de la malabsorption au lactose n'est pas différente entre les sous type de SII. A cause de l'effet osmotique, l'intensité de la malabsorption au lactose est proportionnelle à la sévérité des symptômes digestifs suggérant que les malades atteints de SII intolérants au lactose devraient être identifiés par des tests de provocation oraux plutôt que par le simple report de la perception subjective de l'intolérance au lait.