JFHOD

P.185 - La gravité des symptômes est insuffisante pour prédire une altération majeure de la qualité de vie chez les patients atteints d’incontinence anale ou de constipation chronique

D.J. Ouizeman, E. Mariné-Barjoan, A. Hastier, M.L. Montoya, T. Piche

Introduction

L'incontinence anale fonctionnelle et la constipation chronique sont associées à une altération de la qualité de vie. Peu d’investigations concernant la corrélation entre les scores de symptômes et la qualité de vie ont été réalisées. Les objectifs de notre étude sont d’évaluer l’impact de l’incontinence anale et de la constipation chronique sur la qualité de vie dans un large effectif, et de tenter de déterminer un seuil de sévérité des symptômes permettant de préjuger d’une altération significative de la qualité de vie.

Patients et Methodes

422 patients adressés pour réalisation d’une manométrie anorectale dans le cadre  de l’exploration d’une incontinence anale ou d’une constipation chronique ont été inclus de manière prospective. Les patients remplissaient des auto-questionnaires permettant d’évaluer la sévérité de l’incontinence anale par le score de Jorge et Wexner, de la constipation chronique par le score KESS, la qualité de vie par le score GIQLI, la consistance des selles par l’échelle de Bristol et la présence de troubles associées (retentissement sexuel, incontinence urinaire, dyschésie, pathologie hémorroïdaire).

Résultats

La population de l'étude était majoritairement féminine : 345 femmes (81,8%) pour 77 hommes (18,2%). La population constipée était significativement plus jeune que la population incontinente (âge moyen : 56 ± 17 ans contre 61 ± 15 ans respectivement, p <0,001). Sur 213 patients atteints d'incontinence anale le score de Jorge et Wexner moyen était de 11 ± 4 (écart : 0-20). Sur 209 patients atteints de constipation chronique le score KESS moyen était de 21 ± 7 (écart 4-38). La qualité de vie était également altérée en cas d’incontinence anale et de constipation chronique (score de GIQLI : 87 ± 26 vs 89 ± 24 respectivement, p = 0,46). Les scores de symptôme et le score GIQLI était significativement corrélés (r = 0,454 pour l'incontinence et r = 0,483 pour la constipation; p <0,001). Cependant, en raison de la dispersion des données, il n’a pas été possible d’établir un seuil de sévérité des symptômes attestant d’une altération significative de la qualité de vie. Une corrélation fortement significative était mise en évidence entre la qualité de vie et le retentissement sexuel (r = 0,529 pour l'incontinence et r = 0,317 pour la constipation; p <0,001).

Discussion

Conclusion

La qualité de vie est altérée dans l’incontinence anale et la constipation chronique de façon identique. L’utilisation du score de Jorge et Wexner pour l’incontinence anale et du score KESS pour la constipation chronique n’est pas suffisante pour prédire une altération significative de la qualité de vie du patient.

Remerciements