JFHOD

P.406 - La latéralité dans le cancer colorectal métastatique : quels facteurs pour expliquer les différences de pronostic ?

M. Kogay, L. Evesque, R. Schiappa, A. Saint, G. Cavaglione, G. Milano, E. Chamorey, E. François

Introduction

Des études récentes ont mis en évidence l’impact prédictif et pronostic de la localisation de la tumeur primitive dans le cancer colorectal métastatique (CCRm). L’objectif de notre étude était d’analyser les différences de présentation clinique et biologiques au diagnostic pour expliquer l’impact de la latéralité.

Patients et Methodes

À partir de notre base de données, tous les patients atteints de CCRm (à l’exclusion des tumeurs du côlon transverse) traités entre le 1/12/2007 et le 1/12/2016 dans notre établissement, avec un dossier complet, ont été étudiés.

Des analyses uni et multivariés ont été effectuées pour identifier les variables pronostiques de la survie globale (SG).    

Résultats

Au total sur  les 284 patients (pts): 83pts (29%)  avaient avec un cancer du côlon droit (CCD) et 201pts (71%)  un cancer du côlon gauche (CCG). Le statut KRAS ou RAS était connu pour 230pts (81%) ; 101pts (36%) présentaient une mutation du gène RAS (36%), sans différence  significative  entre les tumeurs droites et gauches (p = 0,49). Cependant, il y avait plus de mutations RAS dans cancers du rectum  par rapport aux cancers coliques (p = 0,009). Lorsque il a été recherché, le statut MSI (p = 0,07) et la mutation BRAF (p = 0,004) étaient plus fréquents dans les CCD. 180pts (63%) présentaient une ou plusieurs métastases hépatiques au diagnostic. Leur fréquence ou leur nombre n'ont pas été influencés par la latéralité (p = 0,06). Les poumons étaient le deuxième  site métastatique en fréquence  (36%), suivi des métastases ganglionnaires (23%) et péritonéales (20%). Il y avait une tendance non significative (p=0,09) en faveur d’une atteinte péritonéale plus fréquente dans les CCD ;   l’atteinte ganglionnaire était plus fréquente dans les CCD (p = 0,005), alors que les métastases pulmonaires étaient plus fréquentes dans les CCG (p=0,002).

Le taux de réponse complète (RC) après le premier traitement (L1) était significativement plus élevé pour les CCD (p = 0,02). La SG était significativement moins bonne pour les tumeurs droites par rapport aux gauches si la lésion primitive était en place (HR = 2.25 p = 0,008).

En analyse multivariée (Tableau 1) : la résection de la tumeur primitive (RTP) (HR= 0.31),  la réponse complète après le premier traitement (HR=0,79) et la localisation gauche (HR HR=0,64) étaient significativement associées à une meilleure SG . Alors que l’atteinte pulmonaire (HR=1,84), péritonéale (HR=2,20), ganglionnaire (HR=1.52) étaient significativement associés à une moins bonne SG.

 

Tableau 1: Résultats de l’analyse multivariée sur la SG

  Hazard ratio [IC95% OR]
CCG 0,64 [0,64 - 0,94]
RTP 0,31 [0,21 - 0,46]
Métastases pulmonaires 1,84 [1,25- 2,72]
Carcinose péritonéale 2,20 [1,46 - 3,37]
RC après L1 0,25 [0,16 - 0,41]

 

Discussion

Conclusion

Ces résultats suggèrent que les CCRm ont une présentation clinique différente au diagnostic. En association avec des caractéristiques moléculaires ces différences peuvent expliquer la différence de pronostic en fonction de la latéralité tumorale.

Remerciements