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CO.114 - La mesure de la distensibilité pylorique est-elle prédictive de la réponse symptomatique aux injections intra-pyloriques de toxine botulique ?

C. Desprez, C. Melchior, F. Wuestenberghs, A. Zalar, J. Jacques, A.M. Leroi, G. Gourcerol

Introduction

La distensibilité pylorique est altérée chez 30-50% des patients gastroparétiques. Cette altération est corrélée à un ralentissement de la vidange gastrique ainsi qu’à la sévérité des symptômes des patients gastroparétiques. Il n’a cependant jamais été démontré que la mesure de la distensibilité pylorique permettait de prédire ou non la réponse thérapeutique d’un geste ciblant le pylore. Le but de cette étude était de déterminer si la mesure de la distensibilité pylorique pouvait être prédictive de la réponse symptomatique après injection intra-pylorique de toxine botulique chez les patients gastroparétiques.

Matériels et méthodes

La distensibilité pylorique a été mesurée en utilisant le système EndoFLIP® chez 36 patients gastroparétiques consécutifs avant la réalisation d’injection intra-pylorique de toxine botulique (Botox, 200 UI). L’altération de la distensibilité pylorique était définie comme inférieure à un seuil de 10mm²/mmHg, comme précédemment démontré (1). Les symptômes dyspeptiques et la qualité de vie ont été recueillis de manière prospective avant et à 3 mois de l’injection intra-pylorique de toxine botulique. Les symptômes dyspeptiques (vomissements, nausée, plénitude gastrique, satiété précoce, ballonnement, douleur épigastrique, régurgitations) ont été évalués en utilisant une échelle de Likert en 5 points (0= pas de symptôme ; 4= symptôme le plus sévère possible). Le Total Symptomatique Score (TSS) a été défini comme l’agrégation de chacun de ces score symptomatiques. La qualité de vie a été mesurée en utilisant le score GIQLI (Gastrointestinal quality of life index) allant de 0 (qualité de vie la plus altérée possible) à 144 (meilleur qualité de vie possible). La vidange gastrique a été mesurée en utilisant le test respiratoire à l’acide octanoïque avant et à 3 mois de l’injection intra-pylorique de toxine botulique.

Résultats

Trente-six patients ont été inclus entre Janvier 2016 et Juin 2018 (23 femmes, âge médian de 55.5 ans). Les principales causes de gastroparésie étaient idiopathique (18/36 ; 50%), diabétique (11/36 ; 30.6%) et post-chirurgicale (7/36 ; 19.4%). Vingt patients sur 36 avaient une distensibilité du pylore diminuée et 16 patients avaient une distensibilité pylorique normale. Chez les patients avec distensibilité altérée, le score TSS était amélioré à 3 mois après injection, passant de 13.8 à 10.8 (p=0.007). Le TSS restait inchangé chez les patients avec distensibilité pylorique normale (11.57 à 11.86 ; p=0.71). Parmi les patients avec distensibilité pylorique altérée, les symptômes de vomissements (de 1.31 à 1.07; p=0.05), de plénitude gastrique (de 2.75 à 2.071 ; p=0.01) et de ballonnement (de 3.25 à 2.35; p=0.03) étaient les seuls symptômes à avoir été améliorés 3 mois après injections, alors qu’aucun de ces symptômes n’était amélioré pour les patients avec une distensibilité pylorique normale. Le score GIQLI était amélioré à 3 mois post-injection chez les patients avec distensibilité pylorique altérée, passant de 62.8 à 73.5 (p=0.026). A l’inverse, aucune amélioration n’a été retrouvée chez les patients avec distensibilité du pylore normale (de 72.86 à 69.79; p=0.47). Chez les patients avec distensibilité pylorique altérée, le temps de demi vidange gastrique était de 238 min avant injection versus 202 min après injection (p=0.021). A l’inverse, aucune différence n’était retrouvée chez les patients avec distensibilité pylorique normale (de 219.4 à 248.8 ; p=0.63).

Discussion

Conclusion

Chez les patients gastroparétiques, la mesure de la distensibilité pylorique avant injection intra-pylorique de toxine botulique était prédictive de l’efficacité de ce traitement à 3 mois sur les symptômes, la qualité de vie et la vidange gastrique.

Remerciements