JFHOD

CO.009 - La NASH en CH : résultats d’une enquête de pratique nationale

A. Garioud, A. Baron, I. Rosa, B. Lesgourgues, C. Renou

Introduction

La stéato-hépatite dysmétabolique (NASH) est une maladie émergente en France. La cohorte «Constances» a évalué la fréquence de cette pathologie avec une stéatose à 18,2% de la population étudiée dont 2,6% avec une fibrose sévère. A ce jour, il n’existe aucune donnée sur la prise en charge de ces patients dans les centres hospitaliers non tertiaires français. Le but de cette étude est de recenser les pratiques des hépato-gastroentérologues des hôpitaux généraux de l’ANGH dans la prise en charge des patients atteints de NASH.

Matériels et méthodes

Un questionnaire a été établi puis envoyé par mail aux membres de l’ANGH. Les réponses étaient renseignées en ligne au cours d’une période d’un mois entre août et septembre 2019. L’exploitation des résultats a été effectuée par une analyse descriptive simple.

Résultats

73 praticiens (P) dont 97% étaient PH ont répondu à l’enquête : 27 avaient une orientation hépatologique, 13 gastroentérologique et 31 étaient polyvalents. Les patients NASH étaient adressés majoritairement par des généralistes (59%) et des diabétologues (26%) dans le cadre d’un bilan de perturbation des tests hépatiques dans 56% des cas. Les critères diagnostiques présomptifs de NASH étaient l’association d’un syndrome métabolique (85% des P), d’une perturbation des tests hépatiques (63%) et d’une stéatose échographique (60%) en l’absence d’autre hépatopathie (70%) et de consommation d’alcool significative (56%). Le bilan initial comportait systématiquement un dosage de la glycémie à jeun et un test non invasif de fibrose. Une IRM hépatique de quantification de la stéatose était parfois réalisée par 1 P sur 2. Pour l’évaluation de la fibrose hépatique (F), le fibroscan était plébiscité par 85% des P alors que le NAFLD-fibrosis score ne l’était que par 29%. Si le fibroscan était réalisé en premier, un biomarqueur lui était associé seulement en cas de F≥2 alors que si un biomarqueur était réalisé en premier, celui-ci était systématiquement couplé à un fibroscan. Une biopsie hépatique à visée diagnostique était effectuée en cas de doute diagnostique (82%) ou en cas d’autre hépatopathie (44%) mais était exceptionnellement systématique (5%). Pour le diagnostic de la F, la biopsie hépatique était réalisée par 64% des P si les tests non invasifs étaient discordants ou si les tests orientaient vers une fibrose significative ou une cirrhose (36% des P). Tous les P préconisaient une réduction pondérale et la pratique d’un exercice physique régulier. Le recours à une diététicienne était proposé par 78% des P (en cas d’échec de prise en charge personnelle pour 64% des P). Aucun médicament n’était instauré par 47% des P. Si un traitement était prescrit, il s’agissait dans 30% des cas de la metformine en cas de diabète de type 2, de la vitamine E dans 23% des cas et de l’AUDC dans 19% des cas. Des ordonnances de sport n’étaient prescrites que par 14% des P. Dans tous les cas, il n’existait aucun programme d’ETP spécifique mais 33% des P incluaient leurs patients dans un autre programme existant (diabète, obésité…). La surveillance clinico-biologique était le plus souvent semestrielle (52%) ou trimestrielle (29%). Il s’agissait pour tous les P de surveiller le poids et de doser les tests hépatiques puis la glycémie à jeun (78%), la créatininémie (60%), les tests lipidiques (56%) et la ferritinémie (56%). Les tests de F étaient réalisés tous les 3 ans en cas de F<2, tous les 2 ans en cas de F=2, tous les ans en cas de F=3 et jamais en cas de cirrhose. Le dépistage du CHC par échographie était majoritairement effectué en cas de F=3 (75% des P) ou de cirrhose (95%) mais peu en cas de F=2 (10%).

Discussion

Conclusion

Les patients atteins de NASH sont majoritairement adressés par le médecin généraliste. Le diagnostic de NASH est le plus souvent présomptif avec un exceptionnel recours à la biopsie hépatique. Le fibroscan est très largement plébiscité pour l’évaluation de la fibrose hépatique. La prise en charge repose sur le changement de mode de vie (réduction pondérale et exercice physique) avec l’aide d’une diététicienne et un faible recours à un traitement médical. Enfin, l’ETP spécifique est absente alors qu’elle pourrait valoriser la prise en charge de ces patients.

Remerciements