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C.045 - La présence d’un hépato-cholangiocarcinome sur l’explant impacte-t-elle les résultats de la transplantation hépatique pour carcinome hépatocellulaire ? Résultats d’une étude multicentrique française du club de recherche de l'ACHBT

C. Hobeika, R. Abdallah, G. Nkontchou, J.Y. Mabrut, M. Rayar, C. Maulat, C. Lim, D. Pietrasz, O. Scatton, A. Laurent, C. Turco, L. Barbier, E. Salamé, F. Durand, V. Paradis, F. Muscari, L. Sulpice, D. Cherqui, M. Lesurtel, K. Mohkam, N. Ganne-Carrié, F. Cauchy

Introduction

L’hépatocholangiocarcinome (HCK) représente une contre-indication habituelle à la transplantation hépatique (TH). Néanmoins, les résultats de la TH chez les malades transplantés pour carcinome hépatocellulaire (CHC) ayant un HCK découvert fortuitement sur l’explant demeurent peu clairs. Cette étude avait pour objectif d’évaluer si un HCK sur explant de TH pour CHC modifiait le pronostic oncologique.

Patients et Methodes

Cette étude rétrospective multicentrique incluait tous les malades ayant eu une transplantation hépatique pour CHC entre Mars 2013 (date d’implémentation du score AFP en France) et Décembre 2018 dans 9 centres de greffe. Les survies globales (SG) et sans récidive (SSR) des malades ayant un HCK découvert sur l’explant ont été comparées à celles des malades sans HCK sur explant après appariement par méthode double robuste (régression de Cox multi-niveaux pondérée). Un modèle de guérison statistique pondérée a également été modélisé.

Résultats

Au total 861 patients ont été transplantés pour CHC durant la période d’étude. Les lésions respectaient les critères de Milan dans 85,2% des cas et le score de MELD médian était de 10,5 (IQR : 8,00-14,79). Aucun malade n’avait été transplanté avec une suspicion d’HCK en pré-greffe. Soixante (7,0%) malades présentaient au moins une lésion d’HCK sur l’explant et dans 20% des cas l’HCK était la seule lésion tumorale présente sur l’explant. Le suivi médian était de 43,6 mois (IC 95% : 41,6-45,3). Les patients ayant un HCK sur l’explant présentaient des SG (86,6% et 68,9% vs. 94,9% et 85,6% ; p=0,001)) et des SSR (82,6 et 73.1% vs. 95,8% et 88,8%; p=0.001) à 1 et 3 ans significativement diminuées comparativement aux malades n’ayant pas d’HCK sur l’explant. Les caractéristiques du donneur et du receveur interférents avec la SSR et/ou censurées étaient l’IMC du receveur, l’existence d’un traitement pré-TH, l’étiologie de l’hépatopathie sous-jacente, le taux d’albumine du receveur, une incompatibilité ABO, l’IMC du donneur, un antécédent d’infection par le virus de l’hépatite B chez le donneur, l’âge et le sexe du receveur, la durée d’attente sur liste, le groupe sanguin et la durée d’ischémie froide. Après ajustement sur ces caractéristiques, la présence d’un HCK sur l’explant était toujours associée à une SSR plus faible (HR=3,41; 1,07-10,88; p=0,038) mais son effet était moindre que celui de la présence d’un envahissement microvasculaire (MVI) sur les lésions de CHC (HR=5,06; 1,58-16,25; p=0,006). Une guérison statistique était obtenue pour 77% (IC 95%: 34 -96) des malades ayant un HCK sur l’explant contre 88%  (IC 95%: 41-99) pour les malades n’en ayant pas. Différents modèles de guérison ont été élaborés et ont montré que les malades ayant un HCK sur l’explant avaient une meilleure chance de guérison que les malades sans HCK mais ayant un MVI sur les lésions de CHC. 

Discussion

Conclusion

La présence d’un HCK sur l’explant représente un facteur pronostique péjoratif mais reste néanmoins associé à des SSR acceptables. La mise en évidence d’un HCK en pré-greffe chez les malades ayant des lésions respectant les critères de Milan ne devrait pas contre-indiquer la greffe. 

Remerciements