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CO0 - La réduction de l'expression du gène de l'osteopontine est une voie d'action antitumorale potentiellement importante des inhibiteurs de la cyclo-oxygénase 2

Lamarque Dominique, Zagani R, Hamzaoui N, Romagnolo B, Perret C, Chaussade S
Introduction

Les inhibiteurs de la cyclo-oxygénase de type 2 (Cox-2) sont actuellement les médicaments les plus efficaces pour prévenir et faire régresser les adénomes coliques chez des patients atteints de polypose familiale humaine (PAF). L'efficacité de ce traitement n'est que partielle. Le mécanisme d'action moléculaire de ces inhibiteurs n'est pas connu. Le but de notre travail était d'évaluer par analyses de transcriptomes sur puces à ADNc les modifications d'expression des gènes induites par inhibition de Cox-2 dans un nouveau modèle murin de PAF développé dans notre laboratoire, la souris Apc+/delta14, proche du phénotype humain.
 

Matériels et Méthodes

Des souris Apc+/delta14 âgées de 24 semaines ont été traitées par un inhibiteur spécifique de Cox-2, le parécoxib, à la dose de 20 mg/kg par voie intra-péritonéale à 0h et 12h puis tous les jours. Les adénomes intestinaux et coliques ont été dénombrés et prélevés avant traitement, puis 2h, 6h, 24h, 5 jours et 63 jours après injection (n = 6 à 12 à chaque temps). L'ARN total des échantillons était extrait à l'aide du réagent TRIzol  (Invitrogen). L'ADNc marqué était synthétisé par transcription inverse. Les ADNc étaient hybridés sur la biopuce MmE1 de l'IGBMC (Strasbourg) qui contient 25088 spot (microarrays). L'expression des gènes identifiés par microarray était vérifiée aux différents temps par PCR quantitative (RT-PCRq). L'expression des gènes était localisée par hybridation in-situ.
 

Résultats

Les 8 souris traitées par inhibiteur Cox-2 pendant 63 jours avaient survécu, alors que 5 des 11 souris témoins étaient mortes d'anémie ou d'occlusion intestinale. Chez les souris traitées 63 jours, le nombre des polypes avaient diminué de 69% dans le colon et de 48 % dans l'intestin grêle (P<0,005). L'analyse des microarrays a montré que l'expression de Spp1, le gène codant pour l'osteopontine, protéine impliquée dans la prolifération tumorale et la dissémination métastatique, était diminuée par l'inhibition de Cox2. Cette diminution était confirmée par RT-PCRq et hybridation in situ, qui montrait une expression de Spp1 dans les cellules épithéliales tumorales. Nous avons ensuite montré par RT-PCRq sur un modèle murin d'inactivation conditionnelle par le tamoxifène des deux allèles du gène Apc dans l'épithélium intestinal, que Spp1 était un gène cible de la voie Wnt-beta catenine dans l'intestin. Cependant, la diminution d'expression du gène sous traitement n'était pas due à une désactivation de la voie Wnt puisque le niveau d'expression des principaux gènes cibles de la voie Wnt (c-myc, cyclin D1 et Axine 2) se maintenait sous traitement, résultat confirmé par l'immunohistochimie et le Western blot béta caténine.
 

Conclusion

La réduction de l'expression de Spp1, codant pour l'ostéopontine, parait être une cible moléculaire importante des inhibiteurs de Cox-2 dans la réduction de la prolifération des cellules épithéliales d'adénome. Nous poursuivons l'identification des voies de transduction impliquées dans la diminution de l'osteopontine sous traitement inhibiteur de Cox-2.