JFHOD

CO.145 - La sarcopénie constitue un facteur de mauvais pronostic dans le carcinome hépatocellulaire traité par (chimio)embolisation intra-artérielle

G. Roth, Y. Teyssier, M. Benhamou, M. Abousalihac, A. Seigneurin, C. Sengel, O. Seror, J. Ghelfi, N. Ganne-Carrié, E. Gigante, L. Blaise, O. Sutter, T. Decaens, J.C. Nault

Introduction

La dénutrition etla présence d’une sarcopénie sont associées à un mauvais pronostic chez les patients cirrhotiques. L’objectif de cette étude est d’évaluer la valeur pronostique de la sarcopénie chez les patients traités par (chimio)-embolisation intra-artérielle pour carcinome hépatocellulaire (CHC).

Patients et Methodes

Les patients traités par une première séance d’embolisation intra-artérielle ou de chimio-embolisation intra-artérelle pour un CHC entre 2007 et 2013 dans deux centres tertiaires ont été inclus. Différentes mesures anthropométriques (volume du foie et de la rate, présence d’ascite, présence de signes radiologiques d’hypertension portale, mesure du psoas en L3 et de la surface musculaire en L3) ont été recueillies sur les scanners pré-thérapeutiques par deux radiologues. La sarcopénie était définie par une aire musculaire (skeletal muscle area) en L3 (cm) /[taille (m)]2inférieure à 50 cm2/m2chez les hommes et 39 cm2/m2chez les femmes. La réponse radiologique après une cure de traitement intra-artérielle a été évaluée selon les critères mRECIST. La survenue d’évènements en fonction des variables pré-thérapeutiques était évaluée selon la méthode de Kaplan Meier et le test du log-rank ainsi qu’en analyse uni et multivariée selon le modèle de Cox.

Résultats

225 patients traités soit par embolisation intra-artérielle (n=71) soit par chimio-embolisation intra-artérielle (n=154) ont été inclus dans l’étude. L’âge médian était de 65 ans avec 88,8% d’homme, 27,5% de CHC BCLC A, 55,5% de BCLC B et 16,8% de BCLC C développé sur cirrhose dans 91.5% des cas. La médiane de survie globale était de 24,3 mois et de survie sans progression de 9,4 mois. 23% des patients avait une réponse radiologique complète après une première cure, 39% une réponse partielle, 23% une stabilité et 15% une progression radiologique. La sarcopénie était associée à une progression radiologique plus fréquente (19% versus 8%, P=0,0236). Les patients avec sarcopénie avaient une survie sans progression plus courte que les patients sans sarcopénie (8,3 vs 13,2 mois, P=0,0035). En analyse multivariée, la sarcopénie (HR=1,60 CI95%: 1,14-2,25), la présence d’une thrombose tumorale segmentaire (HR=1,74 CI95%: 1,084-2,78), la taille du plus gros nodule (HR=1,008, CI95% 1,002-1,014) et le taux de plaquettes (HR=1,002, CI95%: 1,002, CI95%: 1,0001-1,005) étaient indépendamment associés à une survie sans progression plus courte. Les patients sarcopéniques avaient une survie globale médiane plus courte comparés aux patients sans sarcopénie (19,4 vs 35,5 mois, P=0,0149). En analyse multivariée, la sarcopénie (HR=1,87 CI95%: 1,09-3,17) et la taille du plus gros nodule (HR=1,0087, CI95%: 1,003-1,015) était indépendamment associées à une diminution de la survie globale.

Discussion

Conclusion

La sarcopénie est un facteur de mauvais pronostic associé à une augmentation de la progression tumorale et une diminution de la survie après chimioembolisation ou embolisation seule intra-artérielle hépatique pour CHC.

Remerciements