JFHOD

S0 - Le mode d'accouchement est-il un facteur de risque de transmission du virus de l'hépatite C (VHC) de la mère à l'enfant ?

Mariné-Barjoan E, Bongain A, Berrébi A, Laffont C, Triolo V, Haas H, Monpoux F, Izopet J, Tricoire J, Chanal C, Mazurier E, Ducos J, Duforestel T, Moreigne M, Azuar P, Bleuse-Ménéguz C, Badetti L, Bébin B, Pradier C, Tran A
Introduction

L'intérêt de la césarienne est très controversé chez les femmes enceintes VHC positives. Le but de cette étude était de déterminer les facteurs impliqués dans la transmission du virus de l'hépatite C de la mère à l'enfant et en particulier ceux liés aux conditions d'accouchement.

 

Patients et Méthodes

Il s'agit d'une étude multicentrique prospective réalisée dans 3 départements du Sud de la France (Alpes Maritimes, Haute Garonne, Hérault). D'octobre 1998 à septembre 2002, les mères ayant une sérologie VHC positive et ayant donné leur consentement ont été incluses. Les caractéristiques cliniques et virologiques des mères et des enfants ainsi que les conditions d'accouchement ont été recueillies. Les bébés ont eu un suivi pendant un an. L'enfant était considéré contaminé si l'ARN du VHC était positif avec un génotype identique à la mère.

 

Résultats

Trois cents mères ont accepté de participer à l'étude. Deux cent quatorze couples mère/enfant (71 %) ont pu être analysés ; 26 % des mères étaient séropositives pour le VIH et 136 avaient un ARN VHC positif dans le sérum (69 %). Quatre vingt enfants (37 %) sont nés par césarienne, effectuée dans 75 % des cas avant le début du travail. Dans 63 % des césariennes, l'oeuf avait les membranes intactes. Parmi les césariennes, 45 étaient programmées (56 %). Douze enfants ont été contaminés par le VHC (5,6 %) à 12 mois de suivi ; 3 d'entre eux ont perdu spontanément leur ARN viral à 18 mois. Leurs mères avaient toutes un ARN VHC positif à l'accouchement. Le taux de transmission était significativement plus élevé chez les mères co-infectées VIH/VHC par rapport aux mères mono-infectées VHC (11 % versus 3,8 %, p = 0,05). Aucun enfant n'a été contaminé par le VIH. Il n'existe aucune relation statistiquement significative entre la transmission du VHC et le mode d'accouchement (5 enfants contaminés sur 45 naissances par césarienne programmée (11 %) versus 7 enfants contaminés nés sans césarienne programmée (4 %). Parmi les mères ayant un ARN positif, la probabilité de transmission du VHC était significativement plus élevée chez les mères avec une charge virale VHC augmentée (médiane 5,99 log copies/mL versus 5,68 log copies/mL, p < 0,008). Après ajustement sur le centre, le risque de transmission est augmenté chez les mères ayant une sérologie VIH positive (OR : 4,7 ; IC : 95 % ; 1,006-21,734 ; p = 0,04).

 

Conclusion

La forte charge virale VHC de la mère au moment de l'accouchement et la co-infection par le VIH sont les principaux facteurs de transmission du VHC de la mère à l'enfant. La césarienne qu'elle soit programmée ou non, n'est pas associée à une diminution du risque de transmission du VHC. La perte spontanée de l'ARN viral est possible chez les enfants.

Etude financée par l'ANRS, le CHU de Nice et la Fondation de France