JFHOD

CO.70 - Le profil spectral infrarouge du sérum est prédictif du degré de fibrose hépatique chez les patients atteints d’hépatite chronique C

G. Thiéfin, D. Bertrand, V. Untereiner, R. Garnotel, M. Offroy, J.P. Bronowicki, G.D. Sockalingum

Introduction

L’évaluation de la fibrose hépatique est un élément déterminant de la prise en charge des malades atteints d’hépatopathie chronique. Les tests non invasifs de fibrose sont limités par la persistance d’une zone grise ne permettant pas de classer tous les malades avec une valeur prédictive cliniquement pertinente. Il existe donc un champ de recherche pour développer des techniques innovantes. L’objectif de cette étude était d’évaluer dans une série de patients atteints d’hépatite C la performance diagnostique de la spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier (IRTF) appliquée au sérum pour évaluer la fibrose hépatique en prenant comme référence la classification histopathologique.

Patients et Methodes

Cette étude bicentrique a été menée à partir d’une sérothèque de 94 patients (47±13 ans, 64 hommes) atteints d’hépatite chronique C à différents stades histologiques de fibrose : Metavir F0 (n=20), F1 (n=17), F2 (n=20), F3 (n=20) et F4 (n=17). Après décongélation et dilution, 10 aliquots de 5 µl de chaque échantillon ont été déposés sur une plaque de silicium. Après séchage, les spectres ont été enregistrés en mode transmission entre 4000 et 400 cm-1 en utilisant le spectromètre IRTF Tensor 27 (Bruker® Optics, Allemagne). Les spectres obtenus ont été prétraités par dérivation seconde et correction SNV. Vingt longueurs d’onde ont été sélectionnées par algorithme génétique selon leur performance diagnostique évaluée par un modèle PLS à 5 dimensions. Le critère de sélection était l’aire sous la courbe (AUC) ROC en utilisant un jeu d’entrainement (n=76) et un jeu de validation (n=18) pour différencier les patients F0F1F2 des patients F3F4, puis les patients F0F1F2F3 des patients F4. Pour prendre en compte l’effet échantillonnage, 1000 itérations ont été effectuées avec le pool final de 20 longueurs d’onde pour calculer l’AUC moyenne. Un algorithme a été élaboré dans la plateforme Matlab pour l'automatisation de l’analyse.

Résultats

Après les tests de qualité et le prétraitement, l’analyse a été réalisée sur une matrice de 94 spectres moyens x 1849 variables. Le modèle PLS à 5 facteurs permettait de différencier les patients ayant une fibrose avancée F3F4 des patients F0F1F2 avec une AUC ROC de 0.89 ± 0,084  (moyenne ± écart-type de 1000 itérations). Parmi les 1000 itérations, seulement 0,46 % correspondaient à une AUC< 0.70. Pour le diagnostic de cirrhose versus F0F1F2F3, le modèle PLS à 5 facteurs avait également une excellente performance diagnostique avec une AUC de 0.90± 0.051 pour 1000 itérations. Parmi les 1000 itérations, seulement 0,34 % correspondaient à une AUC< 0.70. La distribution des AUC obtenues lors des 1000 itérations pour chaque test diagnostique est illustrée sur les figures ci-dessous: à gauche pour l’algorithme discriminant les patients F0F1F2 et F3F4 et à droite pour l’algorithme discriminant les patients F0F1F2F3 et F4.

Discussion

Conclusion

Cette étude montre que la spectroscopie IRTF appliquée au sérum a un fort potentiel de développement pour l’évaluation non invasive de la fibrose hépatique. L’algorithme développé dans cette étude a vocation à être testé dans différents types d’hépatopahtie chronique, notamment les patients ayant une hépatopathie métabolique. Cette technique innovante cumule l’avantage de la rapidité et du haut débit et ne nécessite aucun réactif.

Remerciements

Société d’Accélération de Transfert de Technologie SATT Nord.