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CO.099 - Le traitement laser du sinus pilonidal infecté : résultats à 1 an de la première cohorte française

L. Spindler, A. Alam, N. Fathallah, A.L. Rentien, E. Pommaret, M.L. Thierry, A. El Mituialy, M. Aubert, P. Benfredj, H. Beaussier, J. Fournier, A. Fels, V. de Parades

Introduction

Le traitement du sinus pilonidal infecté (SPI) est chirurgical. La technique de référence en France est la chirurgie d’exérèse avec cicatrisation dirigée à ciel ouvert. Le taux de succès est élevé avec cependant des suites opératoires contraignantes et une cicatrisation longue (6 à 12 semaines) pour les patients. Le SiLaT ou Sinus Laser Therapy est une nouvelle technique mini-invasive pour le traitement du SPI qui vise à éviter ces inconvénients. L’objectif principal de cette étude était d’évaluer l’efficacité du SiLaT dans le traitement du SPI avec un suivi supérieur à 1 an. Les objectifs secondaires étaient d’évaluer la morbidité ainsi que la satisfaction des patients et de déterminer les facteurs prédictifs de succès de la technique.

Patients et Methodes

Nous avons inclus les premiers patients traités par SiLaT dans notre centre entre le 1er juin 2018 et le 23 août 2019. Le recueil a été réalisé de manière rétrospective. La guérison était définie par la fermeture des orifices cutanés, l’absence de suintement et d’abcès. Le protocole de l’étude a été accepté par le comité d’éthique de l’hôpital.

Résultats

Nous avons inclus consécutivement 29 patients (sex ratio homme/femme de 3), d’âge moyen 32,5 ans (+/-10,5). Il n’y a eu aucun perdu de vue. L’IMC moyen était de 25.08 (+/- 3,86) et 4 patients (13,79%) étaient fumeurs. Parmi les 29 patients traités, 8 avaient déjà été opérés d’un SPI ; 4 patients ayant eu une chirurgie d’exérèse avec cicatrisation dirigée et 4 patients ayant eu une chirurgie d’exérèse avec fermeture médiane de la plaie. Le nombre moyen de fossettes pilonidales était de 2,24 (+/-0,95). On notait la présence d’un ou plusieurs orifice(s) secondaire(s) chez 15 patients (55,17%). L’énergie moyenne délivrée par le laser au cours de l’intervention était de 610,6 joules (+/-300,25).

Une rétention aiguë d’urine a nécessité un sondage évacuateur. Aucune complication grave n’a été rapportée. La durée moyenne de retour aux activités habituelles était de 4,85 jours (+/-7,2). La durée moyenne de la période douloureuse était de de 2,96 jours (+/-5,49) avec une EVA maximum moyenne de 1,64 (+/-1,95).

Nous avons observé 2 échecs primaires (6,9%) et 7 récidives (24,1%) dans un délai médian de 262,5 jours [120;315]. In fine, 20 patients étaient considérés comme guéris (69%) après un suivi moyen de 370,3 jours (+/- 165,75). Le délai moyen de cicatrisation (n=17) était de 25 jours (+/-8). Le taux de satisfaction des patients était de 86%. Parmi les 9 patients en échec (primaire et récidive), 3 patients ont bénéficié d’un second traitement laser.

L’analyse comparative univariée des données a montré un IMC moyen supérieur chez les patients en échec (27,59 +/- 3,37) par rapport aux patients guéris (23,95 +/- 3,58) (p=0,018). Les patients en échec du traitement avaient plus fréquemment un ou plusieurs orifices secondaires (88,9% contre 35% ; p=0,014). Le tabagisme semblait également être associé à un échec du traitement même si la différence n’était pas significative entre les deux groupes (33% dans le groupe échec contre 5% dans le groupe guéri; p=0,076).

Discussion

Conclusion

Le SiLaT a permis de guérir près de 70% des patients au terme d’un suivi de plus d’1 an. Le taux de satisfaction des patients était élevé. Les complications étaient rares et bénignes. La technique semblait moins efficace chez les patients en surpoids et chez ceux ayant un ou plusieurs orifices secondaires associés aux fossettes pilonidales. Le tabagisme pourrait également être un facteur de risque d’échec. En revanche, l’efficacité de la technique ne semblait pas impactée par un antécédent de traitement chirurgical conventionnel.

Remerciements