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C.012 - Le traitement par TIPS diminue le risque de décompensation hépatique ultérieure par rapport au traitement conventionnel : une méta-analyse sur données individuelles de 3 949 patients

H. Larrue, P. Olivas, Y. Lv, G. Han,, X. Luo, T. Bucsics, T. Reiberger, T. Sauerbruch, V. Hernandez-Gea, D. Thabut, M. Rudler, J.M. Péron, G. D'amico, J.C. Garcia-Pagan, C. Bureau

Introduction

L’efficacité du traitement par TIPS dans la prévention de la récidive hémorragique et dans la prévention de l’ascite est clairement établie. Cependant, l’amélioration de la survie est inconstante selon les études et l’effet de la création du shunt sur la survenue de toutes les décompensations confondues (hémorragie, ascite, encéphalopathie) n’a pas été étudié.

Le but de cette méta-analyse sur données individuelles était de comparer l’incidence d’une nouvelle décompensation de cirrhose entre les patients traités par TIPS et les patients traités par traitement médical conventionnel.

Patients et Methodes

Nous avons réalisé une revue de la littérature sur le traitement par TIPS pour ascite réfractaire, pour hémorragie réfractaire ou en prévention de la récidive hémorragique (TIPS préemptif ou prévention secondaire) en sélectionnant les études contrôlées depuis l’ère de l’utilisation des prothèses couvertes. Nous avons ensuite réalisé une méta-analyse sur données individuelles.

Le critère de jugement principal était la survenue d’une nouvelle décompensation (ascite, hémorragie ou encéphalopathie) pendant la première année de suivi. Les critères de jugement secondaires étaient la survie globale et la survenue de chaque type de décompensation.

Le délai de survenue de la première complication était pris en compte et les taux actuariels étaient comparés sur une période d’un an (courbes de Kaplan Meier et test de log rank). Les mêmes méthodes étaient utilisées pour la comparaison de la survie, et de la survenue de chaque type de décompensation.

Résultats

Nous avons retenu 12 études contrôlées sur 14 sélectionnées (données individuelles non disponibles pour une étude dont l’auteur principal est à la retraite ; pas d’avis favorable du comité d’éthique local pour la seconde) : 5 essais randomisés et 7 études observationnelles, incluant au total 3949 patients. Parmi eux, 852 patients étaient traités par TIPS : 503 en préemptif, 169 pour ascite réfractaire, 131 en prévention secondaire de la récidive hémorragique, 49 pour hémorragie digestive réfractaire.

Les caractéristiques des patients étaient les suivantes : âge moyen 54,9 ans (± 11,9), 69% d’hommes, étiologies : alcool 44%, virus 35%, métabolique 1%, autres 20%, score de Child Pugh moyen à 8 ± 2, score de MELD moyen à 16 ± 7.

La probabilité d’être indemne d’une nouvelle décompensation quelle qu’elle soit à 1 an était significativement plus élevée dans le groupe des patients traités par TIPS que dans le groupe traitement conventionnel (55% vs 40% ; p<0,00001) (Figure 1). La survie à 1 an était significativement meilleure dans le groupe des patients traités par TIPS que dans le groupe traitement conventionnel (78% vs 73% ; p=0,0003). La probabilité d’être indemne d’une nouvelle décompensation hémorragique à 1 an était de 91% pour le groupe TIPS et 69% pour le groupe traitement conventionnel (p=0,00001). La probabilité d’être indemne d’une nouvelle décompensation ascitique à 1 an était de 89% pour le groupe TIPS et 78% pour le groupe traitement conventionnel (p=0,00001). En revanche, la probabilité d’être indemne d’encéphalopathie hépatique à 1 an était plus basse dans le groupe TIPS (65% vs 71% ; p=0,0040).

Discussion

Conclusion

Cette méta-analyse sur données individuelles montre que le traitement par TIPS chez des patients sélectionnés diminue le risque de décompensation hépatique ultérieure en comparaison au traitement médical conventionnel.

Remerciements