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P0 - L'entéroscopie à double ballon est supérieure à l'entéroscopie poussée dans le diagnostic et le traitement des hémorragies digestives explorées par capsule endoscopique

Maniere Thibaut, Landi B, Pacault Vincent, Simon M, Boboc B, Edery J, Canard Jean-Marc, Bloch F, Jian R, Cellier Christophe
Introduction

L’entéroscopie double-ballon (EDB) est une technique récente d’exploration du grêle dont la rentabilité diagnostique a été peu étudiée. Le but de cette étude prospective était de comparer les résultats de l’EDB à ceux de l’entéroscopie poussée (EP) chez des patients ayant une hémorragie digestive avec une lésion visualisée par la capsule endoscopique (CE).

Patients et Méthodes

Soixante-treize EDB consécutives ont été réalisées sous anesthésie générale en 2004 et 2005 chez 63 patients (31 H, 32 F ; âge moyen 62,5 ans [12-90] ) pour une hémorragie digestive occulte (n = 28) ou extériorisée (n = 35). Tous les patients avaient eu au moins une endoscopie haute (moyenne : 1,93), une coloscopie (moyenne : 1,48), et une CE. Cinquante-sept EDB hautes et 16 EDB basses ont été réalisées (8 patients ont eut la double voie et 2 patients 2 EDB hautes). La CE montrait dans tous les cas une ou plusieurs anomalies : malformation artério-veineuse (MAV) dans 51 cas, inflammation localisée ou ulcération dans 7 cas, zones érythémateuses dans 6 cas, anomalie de relief (pli ombiliqué ou polype) dans 4 cas, diverticules dans 2 cas et saignement actif sans lésion individualisée dans 4 cas. Ces lésions étaient classées respectivement P0 (douteuses), P1 (probables) et P2 (très probables à certaines) dans 25, 38 et 23 cas. Les résultats ont été comparés à ceux d’un groupe contrôle de 27 patients explorés pour hémorragie digestive occulte (n = 13) ou extériorisée (n = 14) par CE puis EP dans une étude prospective antérieure menée par notre groupe.

Résultats

L’EDB était normale ou non contributive dans 34 cas (22 hautes et 12 basses) (46 %) . L’impact diagnostique de l’EDB était de 54 % (39/73) : 48 % en cas d’hémorragie occulte et 57 % en cas d’hémorragie extériorisée (NS). Les lésions observées à la CE ont été retrouvées à la DBE dans 49 % des cas (34/73). La rentabilité diagnostique était corrélée au degré de significativité des lésions vues à la CE : 73 % (16/22) en cas de lésion P2, 42 % (11/26) en cas de lésion P1 et 38 % (5/13) en cas de lésion P0. La rentabilité diagnostique de la voie haute était supérieure à la voie basse (60 % vs 41 % p = 0,17). Un traitement par électrocoagulation au plasma argon a été possible pour des MAV dans 34 cas (46 %). L’EDB avait un impact diagnostique équivalent de celui de l’EP (54% vs 41%) (p = 0,26), mais permettait un geste thérapeutique plus fréquement (46 % vs 22 % ; p = 0,03).

Conclusion

L’EBD a une rentabilité diagnostique et thérapeutique respectivement chez 54 % et 46 % des patients ayant un saignement digestif et une lésion visualisée à la CE. Elle est d’autant plus élevée que la lésion visualisée à la capsule est significative. L’impact thérapeutique est supérieur à celui de l’EP.