JFHOD

P.570 - Les aspects cliniques et thérapeutiques des lésions ano-périnéales de la maladie de Crohn

Z. Kassama, A. Abdennour, F. Boucenna, S. Boucherek, A. Salhi, A. Touati, M. Fermas, F. Boutra, T. Hammada

Introduction

Jusqu’à 50 % des malades ayant une maladie de Crohn (MC) vont avoir une

complication périnéale durant le cours de leur maladie. Leur prise en charge est de plus en plus souvent combinée, médicale et chirurgicale

L'objectif de notre travail est d'évaluer l’efficacité du traitement par anti–TNFα (Infliximab IFX et Adalimumab ADA) sur les lésions ano-périnéales(LAP) de la maladie de Crohn en déterminant leurs caractéristiques cliniques.

Patients et Methodes

Il s'agit d'une étude rétrospective descriptive des patients admis dans notre service entre Janvier 2012 et Aout 2018 incluant 44 patients atteints d'une MC associée à des LAP traités par anti–TNFα (IFX : N=32, ADA : N=12). Le diagnostic et la caractérisation des fistules étaient faits par une IRM pelvienne, combinée à un examen sous anesthésie générale chez tous les malades. La réponse était évaluée à 1an, définie comme une fermeture clinique complète de la fistule (FCCF). L’échec était défini comme une fistule toujours symptomatique à 1an, la nécessité de drainer un nouvel abcès après le début de l’anti-TNF, ou la réalisation d’une colostomie.

Résultats

Parmi 81 cas de MC suivis pour anti-TNFα 54,32% (44 malades,17 hommes) traités pour des lésions ano-périnéales et suivis sur une durée moyenne de 21,31mois, d’âge moyen de 33,11 ans. La maladie de Crohn évoluait en médiane depuis 5 ans. Au moins 8 patients étaient fumeurs. L’extension de la maladie luminale était colo-rectale dans18,18 % ou iléo-colo-rectale dans 50 % des cas, alors que les LAP étaient isolées chez 3 malades ; elle était sténosante dans  52,27 % des cas et pénétrante dans 27,27 % des cas. L’examen des patients avait objectivé des LAP primaires ou secondaires spécifiques, il s’agissait de fistules (90,9 %), complexes dans la moitié des cas, d’abcès (47,72 %) et d’une sténose (11,36 %), d’ulcérations (18,18 %), de marisques (9,09%) le plus souvent inflammatoires. L’IRM pelvienne a été réalisée chez tous les patients, elle a objectivé 4 cas de sténose inflammatoire, une FA basse chez 13 malades et hautes chez 14 patients, 7 cas de fistules rectovaginales, et un abcès dans 21 cas. Tous nos patients ont été mis sous antibiothérapie associée aux anti-TNF, ce traitement était combiné dans 90,90% de nos patients à un traitement proctologique : drainage (n =40) avec mise en place de sétons (n=37), et dilatation de sténose (n=5). L’évolution a été marquée par la fermeture clinique des LAP dans 70,27% des cas à S24 et persistance d’une réponse complète chez 62,16 % des patients à 1an. L’échec était marqué par la persistance d’une fistule symptomatique à 1an dans 31,81% des cas, l’optimisation des anti-TNF avec le recours à un nouveau traitement proctologique a permis une rémission chez la plupart d’entre eux. L’aggravation des lésions périnéales a conduit à la réalisation d’une colostomie chez 3 de nos patients.

Discussion

Conclusion

Les lésions périnéanales constituent une manifestation particulièrement invalidante de la maladie de Crohn. La stratégie thérapeutique reste hétérogène consiste, dans la grande majorité des situations en la combinaison de traitements médicaux (les anti-TNF) et de certaines procédures chirurgicales nécessiterait une approche pluridisciplinaire systématique. Les anti-TNF sont les traitements les plus efficaces des fistules péri-anales compliquant la maladie de Crohn

Remerciements