JFHOD

P.145 - L’identification du syndrome de Lynch est-elle optimale chez les patients atteints d’un cancer colorectal ? Etude de pratiques sur 5 ans

A. Biron, M. Brasseur, A. Bressenot-Marchal, M. Charkaoui, C. Boulagnon Rombi, O. Bouché

Introduction

Le syndrome de Lynch est une prédisposition génétique au cancer colorectal (CCR). Il favorise le développement du cancer colorectal, mais également d’autres cancers (endomètre, voies urinaires hautes, intestin grêle). L’identifier permet d’adapter la surveillance et le dépistage du cas index et de ses apparentés. L’Institut National du Cancer a émis des recommandations afin d’identifier les patients nécessitant la recherche d’instabilité microsatellitaire (MSI) ; prérequis à l’identification de ce syndrome.  Les indications de consultation d’oncogénétique dans ce cadre sont également disponibles dans le Thésaurus National de Cancérologie Digestive (TNCD). L’objectif principal de notre étude était d’évaluer en vie réelle sur une période de 5 ans, l’application des recommandations françaises dans l’identification du syndrome de Lynch et les facteurs associés à l’absence de recherche du statut MSI dans un Centre Hospitalo-Universitaire (C.H.U) Français. 

Patients et Methodes

Cette étude de pratiques a analysé les 1070 patients suivis dans un CHU pour un adénocarcinome colorectal dont le dossier a été discuté en RCP d’oncologie digestive entre 2013 et 2018. Les taux de caractérisation du statut MSI, de recueil des antécédents personnels et familiaux de néoplasie du spectre Lynch, de recours à la consultation d’oncogénétique ont été évalués. Les résultats de ce critère de jugement principal ont fait l’objet d’une analyse descriptive (résultats sous forme de pourcentages et médianes). Secondairement, les facteurs associés à l’absence de recherche d’instabilité microsatellitaire ont été évalués par analyse univariée et multivariée avec un modèle de régression logistique. Enfin, la corrélation entre l’immunohistochimie et la biologie moléculaire pour le test MSI a été évaluée par un indice de corrélation kappa.

Résultats

Parmi les 1070 patients, 9 syndrome de Lynch (0,8 %) ont été identifiés. Chez les 443 patients (41,4%) ayant une indication de recherche de statut MSI, la caractérisation du statut MSI a concerné : 77% des patients de moins de 60 ans, 70% des patients ayant au moins un antécédent familial de cancer du spectre de Lynch, 65% des patients ayant un antécédent personnel de cancer du spectre de Lynch. Un total de 414 dossiers médicaux (38,7%) n’ont pas fait l’objet de recherche d’antécédent familial de cancer du spectre Lynch. Parmi les 469 patients n’ayant pas d’antécédent familial de cancer, 25,2% des dossiers se limitaient au recueil des antécédents de cancer digestif et polype. L’adressage en consultation d’oncogénétique était de 62,5% pour les patients de moins de 40 ans, 13% pour les patients ayant des antécédents personnels de cancer du spectre Lynch et 69% pour les patients ayant un statut MSI.Les facteurs associés à l’absence de recours au test MSI étaient un âge plus élevé (OR : 1,1[1,06-1,10], p<10^-16 ), l’année du diagnostic, notamment un diagnostic avant 2016 (OR : 2,78[1,74-4,45], p<0,0002), et le type de centre référent (OR: 5,40[1,67-19,68], p:0,0065).La corrélation entre l’immunohistochimie et la biologie moléculaire était de 97,1% (kappa: 0,89, IC95%[0,79-0,98], p<0,0001).

 

Discussion

Conclusion

Cette enquête de pratique révèle qu’en dépit des recommandations nationales pour l’identification du syndrome de Lynch, la recherche du statut MSI (toutes méthodes d’analyse biologique confondues), le recueil des antécédents familiaux et personnels étaient insuffisamment réalisés. De même, le recours aux consultations d’oncogénétique doit être amélioré.  

Remerciements