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CO.068 - L’obtention d’une rémission clinique et endoscopique à un an n’est pas associée à un meilleur devenir chez les patients atteints de maladie de Crohn : suivi à long terme de de la cohorte TAILORIX

B. Pariente, G. D'Haens, L. Peyrin-Biroulet, N. Duveau, G. Lambrecht, P. Bossuyt, Y. Bouhnik, L. Edouard, C.J. van der Woude, A. Buisson, P. Van Hootegem, M. Allez, J. Filippi, H. Brixi, C. Gilletta de Saint-Joseph, A. Aubourg, F. Baert, S. Vermeire, D. Laharie

Introduction

L'obtention d'une rémission clinique associée à la disparition des ulcérations endoscopiques est considérée comme le principal objectif thérapeutique de la maladie de Crohn (MC) et semble avoir un impact positif sur l'évolution de la maladie. L'essai randomisé TAILORIX a évalué plusieurs stratégies thérapeutiques utilisant un traitement par infliximab (IFX) (adaptations thérapeutiques basées sur la clinique seule ou sur l’utilisation complémentaire des dosages résiduels du médicament) associé à un immunosuppresseur pendant 54 semaines, chez des patients adultes naïfs de biothérapies atteints de MC active1. L’objectif de la présente étude était d’évaluer l'impact à long terme de l’obtention d’une rémission clinique et endoscopique (RCE) à un an dans l’essai TAILORIX sur la progression de la MC. 

Patients et Methodes

Le critère de jugement principal de l’essai TAILORIX était l’obtention d’une rémission clinique sans corticostéroïdes (CDAI <150) entre les semaines (s) 22 et 54, sans ulcération à l'iléocoloscopie de s54. Les malades étaient divisés en deux groupes selon qu’ils aient atteint ou pas ce critère de jugement à s54 (RCE+ et RCE-). Les données de suivi des patients de la cohorte TAILORIX ont été collectées entre la fin de la période d'étude et le mois d’octobre 2019. Les objectifs de notre étude étaient de comparer le devenir des patients RCE+ et RCE- par les méthodes de régression de Kaplan-Meier et Cox sur i) la survie sans progression de la MC (définie par la survenue de l'un des événements suivants au cours du suivi : chirurgie abdominale majeure, chirurgie anale, hospitalisation liée à la MC ou besoin d'un nouveau traitement systémique de la MC comprenant les corticoïdes, les immunosuppresseurs, les biothérapies); ii) la survie sans progression pour chacun des événements. Les taux de survie sans progression ont également été comparés entre les patients ayant une cicatrisation endoscopique complète à s54 (définie par un score SES-CD = 0) et ceux ayant un score SES-CD ≥ 1. 

Résultats

Parmi les 122 patients inclus dans l'essai TAILORIX, les données de suivi étaient analysables chez 95 (78 %) patients, avec une médiane de suivi de 4,3 (IQR 3,7-4,8) ans : 45 (47 %) étaient dans le groupe RCE+ et 50 (53 %) dans le groupe RCE-. Les taux de survie sans progression à 1, 3 et 5 ans étaient comparables dans les deux groupes : 82 %, 59 % et 46 % dans le groupe RCE+ et 76 %, 62 % et 52 % dans le groupe RCE- (p=0,64) (figure 1). La survie sans progression pour chaque événement n'était pas différente entre les deux groupes: chirurgie abdominale majeure (p=0,42), chirurgie anale (p=0,95), hospitalisation liée à la MC (p=0,34) et nécessité d'un nouveau traitement systémique (p=0,87). Les patients avec une cicatrisation endoscopique complète à s54 avaient des taux de survie sans progression comparables à ceux avec un score SES-CD ≥ 1 (p=0,09). Chez les 84 (88%) patients recevant encore l’IFX à la fin de l’essai, le maintien sans échec de l'IFX était respectivement de 93%, 72% et 55% à 1, 3 et 5 ans.

Discussion

Conclusion

Au sein d’une cohorte prospective de patients atteints d’une MC recevant une combothérapie précoce, les patients ayant atteints une RCE à un an du traitement n'ont pas un meilleur devenir à 5 ans que les patients n’ayant pas atteint cet objectif.

Remerciements