JFHOD

P.230 - L’œstrogène : un facteur protecteur contre les formes compliquées du reflux gastro-œsophagien ?

K. Ben Abdesselem, R. Harbi, H. Jaziri, W. Dahmani, W. Ben Ameur, N. Elleuch, A. Hammami, A. Ben Slama, A. Braham, S. Ajmi, M. Ksiaa, A. Jmaa

Introduction

Il est important de comprendre les différences liées au sexe dans le reflux gastro-œsophagien (RGO).

Les études récentes ont montré une prévalence plus élevée de l’œsophagite peptique chez les femmes, en particulier après l’âge de 50 ans. Elles ont rapporté aussi un âge de survenue plus élevé que chez les hommes de

l'endobrachyoesophage et de l’adénocarcinome œsophagien suggérant ainsi un rôle des œstrogènes dans le retardement de l’apparition de ces complications.

 L’objectif de ce travail est d'essayer de dégager les caractéristiques cliniques et endoscopiques du RGO chez la femme et leur relation avec l’âge.

Patients et Methodes

Il s’agit d’une étude rétrospective mono centrique ayant inclus tous les patients avec des symptômes de RGO ayant bénéficié d’une fibroscopie digestive haute durant la période entre janvier 2016 et décembre 2018.

Résultats

422 malades ont été colligés d’âge médian 52 ans (11 – 85 ans). Il s’agissait de 190 hommes (45 %) et 232 femmes (55 %). Le pyrosis était le symptôme prédominant dans les deux sexes. Une symptomatologie atypique associée à une fibroscopie normale était plus fréquente chez le sexe féminin (12.5%) par rapport au sexe masculin (10%) mais sans différence statistiquement significative. On a objectivé une hernie hiatale chez 11% des hommes et   chez 13% des femmes.

Une œsophagite peptique était retrouvée chez 32 femmes (13,7%) dont 26 patientes ayant une œsophagite non sévère grade A ou B de Los Angeles. Seulement 6 femmes (2.6%) avaient une œsophagite sévère grade C ou D dont 4 femmes âgées de plus de 60 ans.

Par contre, une œsophagite peptique était décrite chez 70 hommes (37%) dont 22 cas d’œsophagite sévère. (p<0.01)

L’EBO était décrit chez 10 hommes (5%) vs 4 femmes (1,7%) âgées entre 45 et 70 ans. (p<0.05)

Aucun cas d’adénocarcinome oesophagien n’a été rapporté.

Discussion

Conclusion

L’augmentation de l’incidence des formes compliquées du RGO chez les femmes après l’âge de 50 ans suggère un rôle protecteur de l’estrogène. Des études supplémentaires sont ainsi nécessaires pour établir ce lien et pour monter l’efficacité d’une éventuelle hormonothérapie substitutionnelle dans la protection contre le cancer de l’œsophage.

Remerciements