JFHOD

CO.088 - L’ustékinumab est efficace dans la rectocolite hémorragique réfractaire : étude rétrospective multicentrique de cohorte du GETAID sur 54 semaines

A. Amiot, J. Filippi, V. Abitbol, G. Cadiot, D. Laharie, M. Serrero, R. Altwegg, Y. Bouhnik, L. Peyrin-Biroulet, C. Gilletta de Saint-Joseph, X. Roblin, G. Pineton de Chambrun, L. Vuitton, A. Bourrier, S. Nancey, B. Pariente, J.M. Gornet, S. Nahon, G. Bouguen, S. Viennot, M. Fumery

Introduction

L’ustekinumab a récemment obtenu une autorisation de mise sur le marché européenne dans la rectocolite hémorragique (RCH) modérée à sévère après échec ou intolérance des traitements conventionnels et/ou des biothérapies. Après avoir récemment décrit l’efficacité et la tolérance en vie réelle après traitement d’induction, nous rapportons ici les données à 1 an.

Patients et Methodes

De janvier à septembre 2019, tous les patients atteints de RCH active (score partiel de la Mayo Clinic ≥4 et/ou corticothérapie orale), traités par ustekinumab au sein d’un centre du GETAID ont été inclus. Les critères d’exclusion étaient un antécédent de colectomie totale ou partielle et une indication pour une manifestation extradigestive sans signe d’activité de la RCH. Les patients ont été évalués à la fin de la période d’induction soit à 14 semaines puis jusqu’à 54 semaines. La rémission était définie par un score partiel de la Mayo Clinic < 3.

Résultats

103 patients ont été inclus (62 hommes; âge moyen: 41,2 ± 16,2 ans; 52% de pancolite E3) dans 21 centres. Respectivement, 87 (85%), 102 (99%) et 88 (86%) des patients inclus étaient en échec des immunosuppresseurs, des anti-TNF ou du vedolizumab. A la semaine 54, les taux de rémission clinique et de rémission clinique sans corticoïdes étaient respectivement de 34% et de 32%. La probabilité de maintien de l’ustekinumab était respectivement de 96,1%, 81,6%, 71,7% et 58,4% après 3, 6, 9 et 12 mois. A la semaine 54, 45 (44%) patients ont interrompu l’ustekinumab, pour manque d’efficacité chez 41 patients, pour grossesse chez 1, devant la persistance de lésions eczématiformes chez 1 et pour décision personnelle chez 1.  En analyse multivariée, une CRP > 5 mg/L lors de l’induction (OR = 2,91 CI95%[1,15-7,36]; p = 0,02) et une corticothérapie lors de l’induction (OR = 3,05 CI95%[1,30-7,14]; p = 0,01) étaient significativement associées à l’arrêt de l’ustekinumab. Dix patients (9,7%) ont été opérés d’une colectomie subtotale dans un délai médian de 6,7 [4,3-10,6] mois. La probabilité de colectomie était respectivement de 1,0%, 5,2%, 7,7% et 9,1% après 3, 6, 9 et 12 mois. Des effets indésirables ont été observés chez 15 (16,9%) patients dont 4 (4,5%) présentaient des effets indésirables sévères. Les effets indésirables les plus fréquemment observés étaient une infection (n = 5), des arthralgies (n = 4), une hospitalisation pour décompensation de la RCH (n = 3), une éruption cutanée (n = 2), une asthénie (n = 1) et un infarctus du myocarde (n = 1). Un patient est décédé dans les suites d’un infarctus du myocarde.

Discussion

Conclusion

Dans cette étude de cohorte en vie réelle ayant inclus des patients atteints de RCH ayant une réponse inappropriée aux immunosuppresseurs, aux anti-TNF et au vedolizumab, une rémission clinique sans corticoïdes à la semaine 54 était observée dans 32% des cas et un maintien de l’ustekinumab dans 58,4%.

Remerciements