JFHOD

CO0 - LV5FU2 simplifié-irinotécan (FOLFIRI) en première ligne de traitement des carcinomes endocrines duodéno-pancréatiques bien différenciés évolutifs, métastatiques ou localement évolués. Résultats préliminaires de l'essai FFCD 0302 sous l'égide du GTE

Cadiot Guillaume, Bonnetain F, Landi B, Bouché Olivier, Mitry Emmanuel, Bedenne Laurent, Ruszniewski Philippe, Ricard F, Vitry F, Jouve J
Introduction

Peu de chimiothérapies ont été testées en première ligne de traitement des tumeurs endocrines. Le but était d'évaluer l'efficacité de l'association de chimiothérapie LV5FU2 simplifié-irinotécan (FOLFIRI) en première ligne de traitement des carcinomes endocrines duodéno-pancréatiques bien différenciés, évolutifs, métastatiques ou localement évolués.
 

Patients et Méthodes

Il s'agissait d'un essai de phase II, prospectif et multicentrique. Le critère de jugement principal était le taux de non progression à 6 mois (selon RECIST) et les critères secondaires les taux de réponses tumorales et biologiques à 6, 12, 18 et 24 mois, la tolérance, la survie jusqu'à échec du traitement et la survie globale. Les critères d'inclusion étaient  : carcinome endocrine bien différencié de la région duodéno-pancréatique, fonctionnel ou non, avec métastases hépatiques ou extra-hépatiques ou tumeur localement évoluée (tumeur primitive ou adénopathies) > 50 mm, non résécables ; évolutivité tumorale (Recist) dans les 6 mois précédents ; pas de traitement antitumoral antérieur sauf interféron arrêté depuis 3 mois ou analogues de la somatostatine à visée antisécrétoire ; état général OMS 0, 1 ou 2. Traitement tous les 14 jours : J1 : irinotécan 180 mg/m2, acide folinique 400 mg/m2, 5 FU 400 mg/m2 bolus ; J1-J2 : 5 FU 2400 mg/m2 sur 46 h. Une évaluation clinique, morphologique et biologique était faite tous les 3 mois. En cas de progression observée lors d'une pause thérapeutique consécutive à une réponse tumorale, le traitement était repris autant de fois que nécessaire, en fonction de la tolérance et de la réponse. Pour démontrer que le taux de non progression à 6 mois était > 60 % (α 5 %), 20 patients devaient être inclus (méthode de phase II).
 

Résultats

20 patients ont été inclus entre le 3/05/2004 et 05/07/2005. Il s'agissait de 13 hommes, 7 femmes d'âge médian 57 ans (37-82). 19 avaient des métastases hépatiques et 1 des métastases ganglionnaires. 5 tumeurs étaient fonctionnelles et 2 intégrées à une NEM 1. Une analyse histologique était obtenue chez tous les malades. L'indice médian de prolifération était 7 % (0-58). La date de point était le 1/07/06. 20 patients ont reçu le traitement et 19 étaient évaluables à 6 mois pour le critère principal. Le taux de non-progression à 6 mois était de 75% (51 % -91 %, n = 15) en intention de traiter stricte, dont 14 patients étaient en stabilité (70 %) et 1 patient en réponse partielle (5 %). 4 patients avaient fait une pause thérapeutique et 2 avaient fait 2 pauses avec reprise du même traitement. Le nombre médian de cures était 11,5 (1-28). 80 % des patients ont eu au moins une toxicité grade 3 ou 4 dont 25 % une toxicité grade 3 ou 4 hématologique. 10 % ont eu une diarrhée grade 3. Les résultats concernant les critères secondaires sont en cours d'analyse.
 

Conclusion

Le traitement par Folfiri a un effet antitumoral en première ligne de traitement des carcinomes endocrines bien différenciés pancréatiques évolutifs. La fréquence des toxicités grade 3-4 peut être expliquée par la durée du traitement.