JFHOD

P162 - Maladie coeliaque et atteinte neurologique à propos de 13 cas

Boulaich Amal, Benelbarhdadi Imane, Essamri Wafae, Ajana F.Z, Afifi Rajae, Benazzouz Mustapha, Essaid Abdellah
Introduction

La clinique de la maladie cœliaque est très polymorphe. Les manifestations neurologiques peuvent être l'unique symptôme de cette maladie. Ces manifestations sont rares et variées mais souvent sévères. Le but de notre étude descriptive est de souligner l'intérêt du régime sans gluten démarré à temps sur la bonne évolution de ces manifestations.

Matériels et Méthodes

C'est une étude rétrospective d'une série de 156 patients atteints de maladie cœliaque colligés au service des maladies de l'appareil digestif « Médecine C » du centre hospitalier universitaire IBN SINA de Rabat, durant une période de 16 ans. Les dossiers de malades présentant une atteinte neurologique ont été analysés sur le plan clinique, biologique (vitamine B12, acide folique, homocystéine), éléctrophysiologique, morphologique et évolutif.

Résultats

Sur les 156 malades cœliaques 13 patients présentaient une atteinte neurologique soit 8,4%.Il s'agit de 10 femmes et 3 hommes avec un sexe ratio de 0,3.L'âge moyen de nos patients était de 35,61 ans (20 à 46 ans). L'atteinte neurologique n'a jamais été isolée, elle était associée à des signes digestifs chez tous les patients au moment du diagnostic de la maladie cœliaque. Les manifestations neurologiques étaient variées, représentés par des céphalées de type migraineuses dans 7 cas, des paresthésies des membres inférieurs avec faiblesse musculaire dans 3 cas, des troubles de la marche et de l'équilibre en rapport avec un syndrome cérébelleux dans un cas, un syndrome confusionnel dans un cas et des crises épileptiques avec troubles de conscience dans un cas. L'électroneuromyographie réalisée chez 3 patients était en faveur d'une polyradiculonévrite de type axonale dans les 3 cas. La TDM cérébrale avec complément angiographique a montré une thrombophlébite cérébrale chez la patiente ayant présenté des crises convulsives et était normale chez le patient présentant un syndrome cérébelleux et celui présentant un syndrome confusionnel. L'électroencéphalogramme a été réalisé chez 2 malades. Il était normal dans un cas souffrant de migraine, et il a objectivé dans l'autre cas une activité de fond ralentie et désorganisée avec des figures en faveur d'une encéphalopathie métabolique chez le patient ayant un syndrome confusionnel. Le bilan biologique a montré une anémie microcytaire ferriprive dans 11 cas, une anémie macrocytaire par carence en vitamine B12 et/ou d'acide folique dans 3 cas, une hypoalbuminémie sévère inférieure à 10g/l dans un cas. Les AC anti-endomysium étaient positifs chez tous nos patients. Tous nos malades ont bénéficié d'un régime sans gluten, associé à une vitaminothérapie dans 3 cas. L'évolution immédiate a été marquée par le décès en réanimation de 2 patients, un par thrombophlébite cérébrale avant même de commencer le traitement anticoagulant et l'autre par encéphalopathie métabolique. A long terme, l'évolution était bonne avec disparition totale des signes neurologiques cliniquement et normalisation de l'EMG chez 11 patients (84,61%).

Conclusion

La migraine et les manifestations neurologiques périphériques répondent au régime sans gluten. Les atteintes centrales semblent avoir un pronostic sévère dans notre série.