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P.297 - METESTOMAC : analyse finale d’une cohorte prospective d’adénocarcinomes de l’estomac ou de la jonction oeso-gastrique métastatiques traités par chimiothérapie

S. Manfredi, M. Dior, O. Bouché, E. Barbier, V. Hautefeuille, M. Guillet, J. Butel, V. Bourgeois, H. Dall'Osto, R. Desgrippes, F. Audemar, Y. Molin, C. Locher, T. Chatellier, T. Lecomte, N. Baize, C. Lecaille, G. Goujon, D. Spaeth, C. Lepage, D. Tougeron

Introduction

Le pronostic de l’adénocarcinome de l’estomac ou de la jonction oeso-gastrique (JOG) métastatique reste mauvais. Plusieurs schémas de chimiothérapies (CT) sont validés en 1ère (L1) et 2ème ligne (L2). Le choix du schéma de CT dépend du statut HER2, de l’âge, de l’état général et des comorbidités. Peu de données sur les CT administrées en pratique courante sont disponibles.

Patients et Methodes

Il s’agit d’une cohorte prospective française multicentrique ayant inclus en 2016-2017 les patients avec un adénocarcinome de l’estomac ou de la JOG métastatique ayant reçu au moins une ligne de chimiothérapie. Objectif principal: analyse des schémas de CT utilisés selon la ligne de traitement. Objectifs secondaires: survie globale (SG), toxicités grade 3-4, survie sans progression (SSP), Taux de réponse objective (RO : réponse partielle ou complète), temps jusqu’à progression (TTP), indice OMS. Survies estimées par la méthode de Kaplan-Meier. Le suivi médian est calculé par la méthode de Kaplan-Meier inversé.

Résultats

Au total 179 patients ont été enregistrés et suivis: 74% d’hommes, d’âge moyen 65 ans, 66% d’estomac, 33% de JOG, 44% de type diffus, 22% HER2 positif et 73% avec métastases synchrones. Dans 23% des cas la tumeur primitive avait été traitée antérieurement: 33 par chirurgie dont 26 après traitement néo-adjuvant et 9 par chimio et/ou radiothérapie sans chirurgie. Une L2 était administrée chez 59% des patients, une L3 chez 31%, une L4 ou plus  chez 13% des patients.

L’association 5FU-platine était la plus utilisée en L1, seule (59%) ou avec du Trastuzumab (16%). Les taxanes et le FOLFIRI étaient utilisés respectivement dans 11% et 10% des cas. En début de L1 le statut OMS était 0-1 pour 64% des patients et OMS 2 pour 14%. La durée médiane de L1 était de 4,2 mois sans différence entre les différents schémas. Une toxicité de grade ≥3 était observée chez 34% des patients. Une RO était observée dans 35% des cas sans différence entre les différents schémas.

Après un suivi médian de 30,1 mois 80% des patients étaient décédés.

Les schémas de L2 étaient FOLFIRI (47%), association 5FU-platine (16%), taxane (14%), Trastuzumab (9%), Ramucirumab (5%) ou autre (9%). La durée médiane de L2 était de 2,5 mois. Une toxicité de grade ≥3 était observée chez 30% des patients. Une RO était observée dans 13% des cas. Le trastuzumab était poursuivi en L2 chez 29% des patients l’ayant eu en L1.

Les schémas de L3 étaient taxane (38%), FOLFIRI (33%), association FU-platine (13%) ou Ramucirumab (6%). La L3 durait en médiane 2,3 mois. Une toxicité de grade ≥3 était observée chez 28% des patients. Une RO était observée dans 7% des cas.

La SG médiane était de 12,2 mois  [IC95% 10,3-15,2] et la SSP médiane de 7,2 mois [IC95% 6,5-8,1] et le TTP médian de 7,4 mois [IC95% 6,7-8,4]. Il n’était pas observé de différence significative de SG, SSP et TTP entre les différents schémas.

La médiane de SG des patients pouvant recevoir 3 lignes ou plus étaient de 18,7 mois  [IC95% 16,1-21,5], supérieure à ceux ne recevant qu’une ligne : 8,1 mois  [IC95% 6,9-9,0] ou 2 lignes : 11,2 mois  [IC95% 9,0-14,8] (p <0,001).

Discussion

Conclusion

Cette cohorte nous renseigne sur la prise en charge en pratique courante des adénocarcinomes de l’estomac et de la JOG métastatiques en France : l’association 5FU-platine  est largement privilégiée en L1 et le FOLFIRI en L2. Près de 60% des patients accèdent à une L2 et près d’un tiers à une L3. Les SG et SSP sont comparables à celles rapportées dans les essais thérapeutiques. La poursuite de la CT au-delà de la L2 chez les patients apte à la recevoir semble justifiée: gain en SG.

Remerciements

Cohorte constituée avec un soutient financier des laboratoires Lilly France