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P0 - Neurodégénérescence entérique induite par la dopamine et rôle protecteur des cellules gliales entériques

Lardeux Bernard, Abdo H, Hubert M, Chevalier J, Aubert P, Galmiche Jean-Paul, Neunlist M
Introduction

Des phénomènes de neurodégénérescence du système nerveux entérique (SNE) ont été décrits au cours d’états inflammatoires intestinaux et chez des malades atteints de pathologies neurodégénératives centrales comme la maladie de Parkinson. Ces phénomènes pourraient être à l’origine de troubles fonctionnels du tube digestif observés chez ces malades. Par ailleurs, des études récentes suggèrent que les cellules gliales entériques (CGE), une des composantes majeures du SNE, joueraient un rôle important dans la survie neuronale. Aussi, le but de ce travail était d’identifier le rôle neuroprotecteur des CGE en utilisant un modèle de mort neuronale induite par la dopamine (DA).

Matériels et Méthodes

Les effets de la DA (0.6 à 1.2 mM pendant 24h) ont été testés in vitro : 1) sur des neurones entériques de rat en culture primaire et 2) sur des cellules neuronales humaines (lignée neuroblastome SH-SY5Y). La mise en évidence du rôle neuroprotecteur des CGE a été réalisée en analysant la mort neuronale induite par la DA après inhibition du métabolisme des CGE par le fluorocitrate (100 µM) dans le modèle de culture primaire. Les effets directs des CGE sur la survie neuronale ont été étudiés en co-culture avec des CGE de rat cultivées sur filtres Transwell et des cellules SH-SY5Y ensemencées dans des puits. L’analyse de la mort neuronale a été réalisée avec différentes approches : marquage immunocytologique (b-tubuline III, PGP9.5), dosage de la NSE (Neuronal Specific Enolase) du surnageant et perméabilité membranaire (7-AAD, cytométrie de flux).

Résultats

Le traitement par la DA (0.6 à1.2 mM) pendant 24h des cellules du SNE de rat en culture primaire entraînait une désorganisation du réseau neuronal avec une libération de NSE dans le surnageant (0.5 vs 2.3 ng/ml avec 1.2 mM dopamine). Le traitement préalable avec le fluorocitrate amplifiait les altérations morphologiques neuronales alors que la co-culture avec des CGE préservait en partie les structures neuronales. L’incubation des cellules SH-SY5Y en présence de DA induisait leur mort en fonction des doses utilisées et du temps. Ainsi avec 1.2 mM de DA (24h) plus de 80 % des cellules étaient positives au 7-AAD et la quantité de NSE libérée était de 5.2 ng/ml. En revanche, en présence de CGE, le taux de cellules SH-SY5Y perméables au 7-AAD était réduit de plus de 50%. Enfin, cet effet neuroprotecteur n’était pas reproduit par du milieu conditionné de CGE.

Conclusion

Notre étude a démontré que les CGE possèdent des capacités neuroprotectrices du SNE lors d’un stress dopaminergique. Les médiateurs et mécanismes responsables restent à être identifiés. Néanmoins, la capacité neuroprotectrice des CGE, similaire à celle décrite pour les astrocytes du SNC, pourrait être utilisé comme une cible thérapeutique au cours des neuropathies entériques.