JFHOD

P0 - Observatoire national de l'hépatite aiguë C : premiers résultats

Morin Thierry
Objectif

Analyse préliminaire des données des patients enregistrés dans l’observatoire de l’Hépatite aiguë C (HAC).

Matériels et Méthodes

Etude multicentrique nationale prospective des cas d’HAC déclarés par 32 centres participants. Les critères de diagnostic étaient : séroconversion anti-VHC récente avec élévation des ALAT, ou élévation des ALAT sup à 10N avec présence de l’ARN du VHC après contamination récente, et/ou après exclusion de toute autre cause.

Résultats

61 patients ont été enregistrés depuis 1999 (33 hommes, 28 femmes). Trente deux patients avaient 20 à 39 ans, vingt deux 40 à 60 ans, six plus de 60 ans, un moins de 20 ans. Les modes de contamination présumés étaient : usage de drogues chez 18 patients (29,5%), facteur nosocomial chez 14 (23%), contact sexuel chez 11 (18%) dont 4 homosexuels masculins, accident professionnel chez 8 (13%), tatouage ou piercing chez 4 (6,5%), aucun facteur identifié chez 4 (6,5%). Un ictère était révélateur chez 27 patients (44%), d’autres symptômes chez 13 (21%). Le diagnostic était fait par dépistage (6 patients, 10%), surveillance après accident contaminant (9 patients, 15%), ou suivi post-thérapeutique (1 cas). Il reposait sur une séroconversion récente chez 36 patients (59%). La médiane des ALAT était de 30 N. Le génotype (48 patients) était : génotype 1 (60%), génotypes 2 et 3 (31%), génotype 4 (2 cas), non typable (2 cas). Six patients avaient une infection associée : 4 par VIH, un par VIH et VHB, un par VHB. Une clairance virale spontanée a été observée chez 14 des 30 cas suivis sans traitement (47%). Chez 2 patients, l’ARN du VHC est réapparu, dans 1 cas avec élévation importante des ALAT (rechute ou recontamination). Trente deux patients (52%) ont reçu un traitement précoce (avant 12 semaines), douze (20%) un traitement différé 12 à 24 semaines après le diagnostic. Deux patients ont reçu un 2ème traitement.

Discussion

Les modes de contamination par le VHC sont divers, non liés à l’usage de drogue 2 fois sur 3 : les facteurs nosocomiaux, professionnels et sexuels sont devenus importants, tatouage et piercing ne sont pas exceptionnels. La surveillance sans traitement pendant 12 semaines permet d’éviter un traitement aux 40% des patients qui ont une clairance virale spontanée durable. Cette clairance doit toutefois être confirmée par des contrôles ultérieurs, une rechute ou une recontamination étant possibles, parfois sous forme d’une 2ème hépatite aiguë.

Conclusion

L’HAC reste un diagnostic rare ; le dépistage et l’information sur la prévention des risques devraient être accrus. L’enregistrement prospectif des cas d'HAC dans un observatoire est un outil important de surveillance épidémiologique et de connaissance, et nous invitons tous les médecins diagnostiquant de tels cas à les inclure dans cet observatoire.