JFHOD

P.243 - Pancréatite aiguë comme mode de découverte de l’adénocarcinome pancréatique. Un mal pour un bien ? Une étude de l’Association Française de Chirurgie

R. Lupinacci, F. Paye, A. Beauchet, A. Sauvanet, P. Bachellier, J.R. Delpero

Introduction

L'adénocarcinome du pancréas (AP) est l’un des cancers les plus mortels avec une incidence en hausse régulière dans les pays développés. La résection offre la seule chance de survie à long terme, mais la plupart des patients ont une maladie localement avancée ou métastatique au moment du diagnostic limitant le potentiel de chirurgie à visée curative. Une association entre l'AP et la pancréatite aiguë et chronique a été rapportée. Cependant, la plupart de ces études n'ont pas évalué si les patients AP ayant des antécédents de pancréatite aiguë ont des résultats différents de ceux sans antécédents de pancréatite. L’objectif de notre étude était de comparer les résultats à court et long terme des patients opérés d’un AP à but curatif en fonction du mode de présentation de la maladie.

Patients et Methodes

Du 1er janvier 2004 au 31 décembre 2009, 1670 patients a subi une pancréatectomie pour AP dans 37 établissements. Les données cliniques standardisées sur des patients consécutifs de chacune des ont été reçues et saisies dans la base de données centrale de cette étude rétrospective. Les patients avec antécédent de pancréatite chronique connue ont été exclus. Au total 1449 patients ont été inclus dans l’analyse.

Résultats

Les caractéristiques des patients démographiques des patients étaient idêntiques, à l'exception de lâge (61 vs 65, P=0.0003) et la présence d'un d’ictère (42% vs 62%, P<0.0001). Le type de chirurgie, les types d’anastomose et la fréquence de résections vasculaires étaient identiques. Les taux de complications, de complications graves, et de mortalité étaient similaires, de même pour les types de complications et le taux de réhospitalisation (tableau 1).   Le tableau 2 détaille les résultats anatomo-pathologiques. Les patients opérés après un épisode de pancréatite aiguë avaient une tendance à avoir de lésions plus petites (p=0.07). Aucune différence significative concernant le taux de résection R0, la fréquence de marges pancréatiques envahies, le nombre de patients N+ ou le nombre moyen de ganglions envahis. Avec un suivi moyen de 17 mois, aucune différence n’a été observée sur le taux de récidive (42% vs 47%), le taux de récidive locale, la survie sans récidive ou la survie globale.  

Table 1 : Morbi-mortalité postopératoire

 

Pancréatite aiguë

 

P

Oui (n=114)

Non (n=1335)

 

Complications

65 / 114 (57.0%)

716 / 1321 (54.2%)

0.56

Complications graves

23 / 114 (20.2%)

294 / 1321 (22.3%)

0.61

Fistule pancréatique

  BC

24 / 113 (21.2%)

19 / 24 (79.2%)

209 / 1275 (16.4%)

163 / 209 (78.0%)

0.19

0.90

Reprise chirurgicale

13 / 103 (12.6%)

149 / 1233 (12.1%)

0.87

Réhospitalisations

13 / 107 (12.1%)

135 /1199 (11.3%)

0.78

Décès (<30j)

3 / 114 (2.6%)

45 / 1335 (3.4%)

1

Table 2 : Anatomo-pathologie

 

Pancréatite aiguë

 

P

Oui (n=114)

Non (n=1335)

 

Taille tumeur

[0,2)

[2-4)

[4-17]

 

9 / 104 (8.7%)

58 / 104 (55.8%)

37 / 104 (35.6%)

 

56 / 1288 (4.3%)

673 / 1288 (52.3%)

559 / 1288 (43.4%)

 

 

0.07

Type résection   R0

87 / 112 (77.7%)

964 / 1326 (72.7%)

0.25

T 1/2

66 / 103 (64.1%)

686/ 1283 (53.5%)

0.02

N+

66 / 108 (61.1%)

867 / 1261 (68.8%)

0.10

Nb ganglions prélevés

21.4 ± 11.4 (n=109)

18.6 ± 11.0 (n=1294)

0.02

 

Discussion

Conclusion

La pancreatite aiguë comme mode de présentation d’un AP n’est pas associée à un pronostic défavorable. 

Remerciements