JFHOD

CO.126 - Particularités manométriques des sphincters de l’œsophage en fonction du type d’achalasie

A. Labidi, L. Zouiten, M.A. Jouini, M. Hafi, N. Ben Mustapha, M. Fekih, J. Boubaker, M. Serghini

Introduction

L’identification des sous-types d’achalasie selon la classification de Chicago est basée essentiellement sur les caractéristiques de la contraction œsophagienne : absente au type I, avec pressurisation panoesophagienne au type II ou prématurée au type III. L’objectif de ce travail est d’étudier les particularités des sphincters supérieur (SSO) et inférieur (SIO) de l’œsophage selon le type I et le type II d’achalasie.

Matériels et méthodes

Les patients ayant une achalasie type I ou type II diagnostiqués dans notre unité d’explorations fonctionnelles digestives entre 2018 et 2020 ont été inclus. Le diagnostic d’achalasie et de ses sous-types a été porté selon la classification de Chicago v 3.0.  Au repos, les paramètres calculés étaient la pression du SSO, la longueur du SSO, l’intégrale de contraction du SSO corrigée à la respiration (SSO-IC), la pression du SIO, la pression transdiaphragmatique (PTD) et la pression rétentionnelle (PRT) (Pression de repos du SIO – PTD). Après déglutition, les paramètres relevés étaient : le temps de relaxation, le temps de récupération (TR) et la pression résiduelle (PRD) pour le SSO et la pression de relaxation intégrée à 4secondes (PRI) pour le SIO.

Résultats

Nous avons inclus 51 patients (50 ±18 ans ; femmes 56,9%). Trente- deux patients (62,7%) avaient une achalasie type I et 19 patients (37,3) avaient une achalasie type II. Certains paramètres du SSO étaient significativement plus élevés chez les patients ayant une achalasie type II : longueur SSO (3,2 vs 2,8 cm; p=0,021), TR (12,5 vs 10,4 s ; p=0.020), PRD (12,3 vs 1,0 mmHg p<0,001). Concernant le SIO, la pression de repos (57,2 vs 42,3 mmHg ; p=0,007) et la PRI (38,9 vs 30,1 mmHg ; p=0,014) étaient plus élevées dans l’achalasie type II. La PTD était significativement plus basse chez les patients ayant une achalasie type II (-3,5 vs 6,4 mmHg ; p= 0,037) et par conséquent la PRT était plus élevée (60,6 vs 35,9mmHg ; p=0,008).

Discussion

Conclusion

Ces résultats suggèrent que d’autres paramètres relatifs aux deux sphincters de l’œsophage pourraient intervenir dans la classification des sous-types d’achalasie indépendamment du profil de la contraction dans le corps de l’œsophage. Une étude de la sensibilité et de la spécificité de chaque paramètre en fonction de la présentation et de l’évolution cliniques pourrait être à l’origine d’une nouvelle classification des sous-types d’achalasie

Remerciements