JFHOD

P.311 - Perception des internes quant à l’utilisation des inhibiteurs de la pompe à protons dans deux universités canadiennes

A. Barkun, T.M. Taheri, M. Bardou, A. Al Khoury, B. Hari, M. Martel

Introduction

Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont parmi les médicaments les plus couramment prescrits en Amérique du Nord et leur utilisation continue de croître. Plusieurs effets indésirables possibles ont été associés à l'administration d'IPP. Cependant, en l'absence de lignes directrices claires aidant les cliniciens à prescrire des IPP, les médecins interprètent de façon individuelle leur efficacité et leurs effets secondaires possibles, les appliquant ensuite à leur pratique.

Patients et Methodes

L'objectif est de mieux comprendre les différentes attitudes face à l'utilisation à long terme (prescription de plus de 8 semaines) d’IPP dans un contexte ambulatoire telles que perçues par des internes complétant leurs formations en soins de premières lignes ou en spécialité dans deux centres universitaires.

Une enquête internet anonyme a été envoyée aux internes en médecine interne, en médecine générale, et en gastro-entérologie à deux universités canadiennes. Une composante d'évaluation des connaissances a permis d’examiner la compréhension de ceux-ci à propos des données probantes et des lignes directrices existantes sur l’efficacité des IPP ainsi que de la littérature pertinente sur les principaux effets secondaires possibles liés aux IPP. Des questions sur la prise en charge de patients ambulatoires avec IPP à long terme ont été créées suite à la présentation de plusieurs études de cas. La démographie est exprimée en pourcentages, le test du Chi-deux ou le test exact de Fisher ont été utilisés pour comparer les variables binaires entre les internes au début de formation (premières deux à trois années) et ceux complétant leur dernière année de formation.

Résultats

Au total 163 internes ont participé au sondage d’avril à juillet 2017. Parmi ces 163 internes, 43,8% étaient en médecine interne, 51,2% en médecine générale et 4,9% en gastro-entérologie. 82,6% étaient des internes en début de formation, 58,9% étaient des femmes ; 85,3% étaient âgés de 26 à 35 ans. Seulement 42,1% avaient reçu une formation structurée ciblant la prescription des IPP alors que 92,9% pensaient pouvoir bénéficier d'un tel enseignement. La quasi-totalité (97,6%) se déclarait prêt à suivre des recommandations si disponibles. 26,2% ont pensé qu’un tel programme de formation ciblée devait être enseigné par un gastro-entérologue alors que 58,2% n'avaient pas de préférence du moment que l’enseignement serait basé sur les données probantes et impartial. En termes d’attitudes et de choix théorique de prises en charge, il n'y avait pas de différences statistiques entre les internes en début versus en fin de formation vis-à-vis des indications pour prescrire ou des effets secondaires menant à éviter de prescrire un IPP. Les résultats étaient similaires lors de la comparaison entre les internes en médecine interne ou en gastro-entérologie. Des différences significatives ont toutefois été notées en ce qui concernait la décision de poursuivre ou d’arrêter les IPP face à différents scénarios cliniques qui illustraient des indications cliniques approuvées introduisant différents effets secondaires possiblement attribuables aux IPP. La décision de poursuivre le traitement était plus souvent appropriée chez les internes en fin de formation, et ceux de spécialité par rapport à ceux en médecine générale.

Discussion

Conclusion

Cette enquête démontre des différences de perception et de pratique significatives avec implication clinique en ce qui concerne la prescription d’IPP en ambulatoire chez les internes en début versus en fin de formation ainsi que chez ceux complétant une formation en spécialité ou en médecine générale. Tous apprécieraient recevoir une formation ciblée et des lignes directrices pertinentes pour les aider à parfaire leur pratique à ce sujet.

Remerciements