JFHOD

CO.156 - Performances de l’endoscopie haute résolution avec chromo-endoscopie virtuelle (BLI) avec ou sans magnification pour la caractérisation des cancers invasifs avant résection

G. Lherault, R. Hallit, M. Barret, E. Abou Ali, A. Belle, B. Goullet, R. Coriat, A. Rouquette, B. Terris, S. Chaussade

Introduction

La caractérisation des polypes lors d’une coloscopie s’est développée depuis environ 10 ans avec notamment l’avènement de la chromo-endoscopie électronique (NBI, BLI , Iscan…),  associée à la haute définition voire la magnification. Plusieurs concepts ont alors été développés quant à l’intérêt potentiel de ces techniques (distinction entre polypes hyperplasiques et adénomes, « resect and discard », détection des cancers sur polypes, indication dans le compte-rendu de l’intervalle entre deux coloscopies…). L’ESGE recommande l’utilisation de la chromo-endoscopie électronique par des endoscopistes experts, utilisant des scores validés et acceptant un audit régulier de leurs performances. De nombreuses classifications (Kudo, NICE, Sano, WASP, CONNECT…) sont utilisées, reposant sur l’aspect du pit-pattern ou des vaisseaux, la couleur ou l’aspect macroscopique des polypes (présence de mucus, formes, limites nettes ou pas, ouverture des cryptes avec ou sans présence de points noirs…), ou d’une dépression. L’existence d’un cancer lors de la résection endoscopique d’un polype est importante pour choisir la technique la plus adaptées (mucosectomie ou dissection endoscopique ou chirurgie) mais reste difficile, avec des performances variables entre les endoscopistes occidentaux (10% dans une étude portant sur la campagne de dépistage par le FIT) et plus de 60% pour les endoscopistes japonais. Peu de travaux sur ce sujet ont été réalisés en Europe jusqu’à maintenant.  

Les objectifs de cette étude ont été d’une part d’évaluer l’incidence des cancers en fonction de la description endoscopique et d’autre part d’évaluer le type de classification endoscopique le plus associé à un risque de cancer afin de déterminer la méthode de résection endoscopique la plus adaptée. 

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude prospective, observationnelle, incluant des patients ayant eu des résections endoscopiques entre 2018 et 2020 pour des lésions coliques supérieures ou égales à 20 mm de diamètre.  Les coloscopies ont été réalisées par un seul endoscopiste expert à l’aide d’endoscopes haute définition de la marque FUJI (ELUXEOTM 7000 system with BL-7000 et VP-7000) avec ou sans magnification (zoom mécanique). On a recueilli la taille des lésions (en millimètre), leur localisation, la classification de SANO, la classification de Paris, le type de LST lorsqu’il s’agissait d’une telle lésion, l’évaluation du type histologique par l’endoscopiste reporté systématiquement dans le compte rendu et le résultat histologique de la pièce de résection. 

Résultats

142 (71 hommes et 71 femmes) patients ont été inclus. La taille moyenne des lésions coliques était de 40 mm (extrême : 20-140 mm).  31,7% des lésions étaient localisées dans le caecum, 27,5% le colon droit, 8,5% le colon transverse, 14,1% le sigmoïde et 11,3% le rectum. 

Le zoom était utilisé chez 67% des patients. Dans cette cohorte, on retrouvait 15,5% de patients qui présentaient sur l’histologie un cancer (10 cancers in situ, 12 cancers classés T1). 

Parmi les 10 cancers in situ, 2 avaient été bien diagnostiqués par l’endoscopiste (20%). 

Parmi les 12 cancers invasifs, 8 avaient été bien diagnostiqués par l’endoscopiste (66,6%) (5 sur 8 avec le zoom, soit 62%). 9 ont été traités par endoscopie (dissection majorité) et 3 par chirurgie.

Le diagnostic d’adénome a été correctement fait par l’endoscopiste dans 94 % des cas.  

15 des 18 SSAP (83%) avaient été diagnostiqués correctement par l’endoscopiste. 

Discussion

Conclusion

Le diagnostic endoscopique de cancers invasifs par un expert est fait dans environ 67% des cas dans cette étude. Ces résultats confirment l’intérêt de la classification de SANO reposant sur l’aspect des vaisseaux et l’existence de zones vasculaires au sein du pit pattern. Dans cette étude, l’utilisation du zoom ne permet pas d’améliorer les performances pour diagnostiquer des cancers invasifs. 

Remerciements