JFHOD

CO.35 - Pertinence du diagnostic de cholangite sclérosante primitive par biopsie hépatique systématique au cours d'une chirurgie pour maladie inflammatoire chronique intestinale

C. Miard, V. Desfourneaux, J.F. Bretagne, M. Dewitte, M. Pagenault, P.N. Dhalluin, T. Wallenhorst, L. Siproudhis, G. Bouguen

Introduction

La cholangite sclérosante primitive (CSP) est une maladie chronique des voies biliaires fréquemment associée aux maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI). Les risques évolutifs hépatiques (cholangiocarcinome, cirrhose) et néoplasiques coliques imposent une surveillance endoscopique et radiologique spécifique. Pour autant, le dépistage systématique de la CSP n’est pas recommandé. L’objectif de cette étude est d’évaluer la fréquence et les caractéristiques des CSP identifiées par biopsie hépatique systématique peropératoire au cours d’une chirurgie de MICI, et d’évaluer le devenir de ces patients en termes de complications hépatiques et colorectales.

Patients et Methodes

Il s’agissait d’une étude rétrospective monocentrique ayant inclus tous les patients opérés d’une chirurgie abdominale (colique ou intestinale) pour MICI. La CSP était diagnostiquée sur des critères histologiques, par biopsie hépatique peropératoire systématique ou motivée par des données du suivi, et/ou critères radiologiques.

Résultats

Entre 1998 et 2011, 393 patients ont été opérés et suivis sur une durée médiane de 68 mois [14;119]. La prévalence de la CSP était de 13.5% (53 patients). Quarante-sept CSP furent diagnostiquées histologiquement parmi les 257 biopsies hépatiques peropératoires systématiques réalisées (16.7% des biopsies). Parmi les patients atteints de CSP, 71.9% avaient un bilan hépatique normal à la chirurgie, 40.9% n'ont présenté aucune perturbation du bilan hépatique au cours du suivi. En analyse univariée, la CSP était associée à un moindre taux de maladie iléale (18.9% versus 37.7%, p= 0.03). L'évolution de la MICI ne différait pas en terme de recours aux immunosuppressseurs/ biothérapies ou en taux de chirurgies multiples. Les pouchites étaient plus fréquentes (56.3% des patients en anastomose iléo-anale versus 29.5%, p<0.05). Les complications hépatiques étaient rares, 9.6% des patients atteins de CSP avaient une fibrose sévère au diagnostic, 2 patients (3.8%) furent transplantés, une patiente développa une angiocholite, un patient développa un cholangiocarcinome. En terme de complication néoplasique (dysplasie de bas grade, haut grade ou carcinome), 28 patients de la cohorte globale ont présenté une néoplasie colorectale au cours du suivi, 9 de ces patients avaient une CSP (prévalence 32.1%) et 19 chez les patients non CSP (prévalence 5.6%), p= 0.007. La chirurgie était plus fréquemment motivée par une complication néoplasique chez les patients CSP (9.4% versus 3.5%, p= 0.03). En analyse multivariée, la CSP majorait significativement le risque néoplasique (RR= 3.36 [1.37 ;8.21], p=0.008), de manière comparable à la présence d’une colite étendue (RR= 3.51[1.16 ; 10.57], p= 0.26).

Discussion

Conclusion

Les formes paucisymptomatiques de CSP associées aux MICI sont fréquentes et grèvent le pronostic des patients atteints de colite par la survenue de néoplasies coliques, encourageant au dépistage peropératoire systématique chez ces patients.

Remerciements