JFHOD

P.097 - Peut-on prédire par des moyens non-invasifs l’existence d’ulcérations creusantes au cours de la colite aiguë grave de rectocolite hémorragique ?

A. Le Chevillier, P. Rivière, A. Rullier, M. Marty, B. Lapuyade, Q. Denost, F. Poullenot, F. Zerbib, D. Laharie

Introduction

La mise en évidence d’ulcérations creusantes du colon ou du rectum au cours de la colite aiguë grave (CAG) de rectocolite hémorragique (RCH) est souvent considérée comme un critère de gravité. L’objectif de notre étude était d’évaluer les performances diagnostiques du taux de C-réactive protéine (CRP), de l’albuminémie, de l’endoscopie et du scanner pour identifier les ulcérations creusantes (UC).

Patients et Methodes

Nous avons mené une étude monocentrique rétrospective incluant consécutivement tous les patients opérés pour RCH dans notre centre entre Janvier 2012 et Février 2019. Les malades étaient analysables quand ils avaient réalisé au moins une endoscopie digestive basse ou un scanner abdomino-pelvien au cours des trois mois précédant la colectomie. L’ensemble des pièces de colectomie étaient relu par deux médecins pathologistes, en aveugle des résultats des examens. Les patients étaient classés en deux groupes : UC+ en cas d’identification d’au moins une UC colique atteignant la musculeuse en histologie ou d’au moins une UC rectale en endoscopie ; UC- en l’absence d’UC. Les données analysées ont été recueillies rétrospectivement à partir des dossiers informatisés des patients avec relecture des examens scanographiques par un radiologue spécialisé. L’objectif était d’évaluer les performances diagnostiques isolées et combinées de la CRP, l’albuminémie, l’endoscopie et le scanner pour identifier les UC.

Résultats

Quarante-neuf patients étaient analysables (âge médian : 41 [IQR : 24 ; 57] ans ; 27 femmes ; durée médiane d’évolution de la RCH : 28 [IQR : 3 ; 78] mois). L’indication de la colectomie était la CAG dans 41 cas (84 %), la maladie réfractaire dans 6 cas (12 %), la dysplasie ou le cancer dans 2 cas (4 %). La colectomie consistait en une colectomie subtotale avec iléo-sigmoïdostomie chez 44 patients (90 %), une coloproctectomie totale avec anastomose iléo-anale chez 4 patients (8 %) et avec anastomose iléo-rectale chez 1 patient (2 %). Après relecture histologique, 28 malades (57 %) étaient classés UC+ (dont 5 ayant uniquement des UC rectales en endoscopie) et 21 malades UC-.  La CRP médiane était significativement plus élevée dans le groupe UC+ (98.9 [IQR : 42.4 ; 155.3] mg/l) que dans le groupe UC- (17.5 [IQR : 5.2 ; 53.5] mg/l) (p<0.001). L’albuminémie était significativement plus basse dans le groupe UC+ (26.3 [IQR : 23.6 ; 30.7] g/l) que dans le groupe UC- (30.9 [IQR : 28.1 ; 35.2] g/l) (p=0.009). Les performances diagnostiques de la CRP, de l’albuminémie, du ratio CRP/albumine, de l’endoscopie et du scanner pour la détection des UC coliques et colorectales sont présentées dans la table 1. Concernant le scanner, on ne mettait pas évidence de différence significative entre les groupes en termes de complications, de signes pariétaux – notamment les ulcérations (p=0.574) – ou extra-pariétaux.

Discussion

Conclusion

Le taux de CRP et l’albuminémie sont les tests les plus performants pour identifier les UC chez malades atteints de RCH, notamment la CRP au seuil de 100 mg/L. Si ces résultats étaient confirmés dans une cohorte de validation, ils pourraient permettre d’éviter de rechercher des UC en endoscopie chez des malades admis pour CAG sur RCH.

Remerciements