JFHOD

P.377 - Place de la chirurgie dans le traitement de la colite aiguë grave

F. Er-Rabie, H. Koulali, S. Naji, W. Khannoussi, A. El Mekkaoui, I. Zahi, G. Kharrasse

Introduction

La colite  aigue grave (CAG) est une complication classique des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin qui peut engager le pronostic vital à court terme. C’est une urgence médico-chirurgicale dont la mortalité est de l’ordre de 1 à 3%. Sa prise en charge doit donc être rapide et coordonnée entre équipes médicale et chirurgicale. Le but de notre étude était d’évaluer la place de la chirurgie dans le traitement des CAG et d’en identifier ses facteurs prédictifs.

Patients et Methodes

il s’agit d’une étude rétrospective et prospective de Janvier 2014 à juin 2019  colligeant 61 patients admis pour colite aigue grave au sein de notre formation. Le diagnostic de colite aigue grave a été retenu sur les critères de Truelove et Witts.

Résultats

Soixante-un patients ont été inclus, l’âge moyen est de 39,8 ans avec des extrêmes allant de 14 à 74 ans, Une prédominance féminine a été retrouvée avec un sexe ratio/F de 0.79 .La CAG était inaugurale chez 24 malades (39,3%) alors que 37 malades étaient connus porteurs d’une MICI (60.7%) avec 6 cas de maladie de Crohn (9.8%).54 patients étaient en hypo albuminémie (88,5%) avec un taux d’albumine moyen de 28,63 g/l et 29 patients (47,5%) avaient une anémie avec une hémoglobine inférieure à 10g/dl. Les patients de notre série ont tous bénéficié d’une endoscopie basse ayant révélé des signes endoscopiques de gravité dans 39 cas (63,9%). 1 patient a été opéré en urgence pour rectorragie massive et instabilité hémodynamique, Une corticothérapie intraveineuse, a été instaurée chez 60 patients (98,3%), un traitement  médical de 2 éme ligne à base d’antiTNF a été instauré dans 8 cas (13.11%) alors que le traitement chirurgical a été indiqué dans 19 cas (31.14 %) . Le délai moyen de réalisation du geste opératoire était de 9.6 jours. Tous les malades ont bénéficié d’une colectomie subtotale avec double stomie. Les suites opératoires étaient simples chez 15 malades (78.9%). Quatre malades (21.5%) ont présenté des complications dont 2 sont décédés (10.5%). Les complications étaient à type d’insuffisance surrénalienne, péritonite par lâchage, thrombophlébite des membres inférieurs et un choc septique sur collection abcédée péri-stomiale. Dans notre étude, les facteurs associés à un risque de colectomie au cours de la CAG étaient : le sexe masculin (p : 0.04) et un taux hémoglobine inférieure à 10g/dl (p : 0.05). La présence des signes endoscopiques de gravite augmente le risque de la colectomie sans relation statistiquement significative (p : 0.08).

Discussion

Conclusion

La CAG est une pathologie grevée d’une lourde morbi-mortalité  mais dont la prise en charge est bien codifiée nécessitant une collaboration médico-chirurgicale. Dans notre étude 31,14 % des patients avec CAG ont été opérés, le sexe masculin et un taux hémoglobine inférieure à 10g/dl étaient les principaux facteurs prédictifs de la colectomie.

Remerciements