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P0 - Place de l'échoendoscopie dans la prise en charge du cancer rectal en France

Bouvier Anne-Marie, Launoy G, Grosclaude P, Buémi A, Tretarre B, Velten M, Ménégoz F, Guizard AV, Peng J, Molinié F, Danzon A, Faivre Jean
Introduction

L’apport de l’échoendoscopie dans le cancer du rectum est indispensable pour savoir s’il y a une indication de radiothérapie préopératoire.La mise en commun des données des registres des cancers français, au sein du réseau FRANCIM, a permis de connaître la place qu’occupait l’échoendoscopie dans le bilan d’extension du cancer du rectum dans la population française.

Patients et Méthodes

L’étude a porté sur 757 cas de cancers de l’ampoule rectale diagnostiqués en 2000 dans 12 départements françaiscouvrant 15% du territoire national. Les données ont été recueillies selon une procédure standardisée. Un modèle de régression logistique a permis d’identifier les facteurs associés à la réalisation d’une échoendoscopie.

Résultats

Trente pour cent des cancers du rectum ont eu une échoendoscopie rectale. En analyse univariée, cette proportion variait de 16 à 52% selon le département, p = 0,002. Elle était statistiquement plus souvent faite chez les sujets âgés de moins de 75 ans (35% vs 21%, p = 0.001), hors contexte d’urgence (31% vs 11%, p = 0.023), lorsque le diagnostic était fait dans la filière universitaire (42%CHU/CLCC vs 26%CH vs 29%privé, p = 0.038) et lorsqu’un oncologue participait aux soins (36% vs 27%, p = 0.007). L’effet de ces facteurs persistait en analyse multivariée, sauf l’effet ‘département’. L’échoendoscopie était 2 fois moins réalisée chez les sujets âgés de plus de 75 ans (OR : 0.52 [0.36-0.76] ) et presque 3 fois moins chez ceux diagnostiqués hors filière universitaire (ORCH : 0.36 [0.2-0.7], ORprivé : 0.40 [0.2-0.7] ). La concordance entre les résultats de l’échoendoscopie et ceux de l’examen anatomopathologiques de la pièce opératoire était globalement de 76% pour l’extension dans la paroi et de 70% pour l’envahissement ganglionnaire. Ces chiffres étaient très proches dans le sous groupe des patients ayant eu une radiothérapie préopératoire, respectivement 74% et 64%, et ceux n’ayant pas eu de radiothérapie avant la résection, respectivement 79% et 81%.

Conclusion

Ces données suggèrent que l’échoendoscopie n’a pas atteint son plein développement en France. Ces résultats ont l’intérêt de fournir des données sur les performances de l’échoendoscopie dans la pratique quotidienne. Ces résultats doivent alerter les autorités sanitaires et la communauté médicale.