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CO.057 - Prédiction de la réponse à 2 ans après chimio-radiothérapie des cancers du canal anal non métastatiques à l’aide d’outils radiomiques

N. Giraud, T. Aparicio, P. Ronchin, L. Bazire, E. Barbier, X. Mirabel, P.L. Etienne, A. Lièvre, W. Cacheux, A. Darut-Jouve, C. de la Fouchardière, T. Charleux, G. Breysacher, D. Argo Leignel, A. Tessier, N. Magne, M. Ben Abdelghani, C. Lepage, O. Saut, C. Lemanski, V. Vendrely

Introduction

La chimio-radiothérapie (CRT) exclusive est le traitement curatif des cancers du canal anal non métastatiques, pour lesquels peu de facteurs pronostics sont connus. Notre objectif était d’évaluer l’apport de paramètres radiomiques extraits sur les IRM pré-thérapeutiques afin de prédire la survie sans récidive (SSR) à 2 ans après CRT.

Patients et Methodes

Les IRMs pré-thérapeutiques des patients inclus dans une cohorte observationnelle d’un centre hospitalier universitaire français (n=36) et dans l’essai prospectif multicentrique FFCD-0904 (n=46) ont été analysées. Sur ces IRMs en séquences T2 pré-échantillonnées (correction d’artéfacts N4, normalisation des intensités sur le volume segmenté), 100 indices radiomiques ont été extraits à partir des tumeurs délinées manuellement. Les patients ont été randomisés entre cohorte d’entrainement (CE, n=54) et de test (CT, n=28). Les variables d’intérêt ont été sélectionnées par analyses univariées et multivariées dans la CE, puis incluses dans un modèle prédictif. L’association avec la SSR à 2 ans a été explorée à partir des performances prédictives (AUC de la courbe ROC, précision de prédiction) du modèle de régression logistique créé. Enfin, des analyses par régression de Cox et des courbes de Kaplan-Meier ont été réalisées pour étudier les performances de prédiction de la SSR par le modèle.

Résultats

Les IRMs de 82 patients traités par CRT entre 2010 et 2017 pour CCA ont été analysées. Avec un recul médian de 24 mois, la SSR à 2 ans était de 71%. Dans la CE, 2 variables cliniques (taille tumorale et étalement de la CRT) et 2 variables radiomiques (FirstOrder_Entropy et GLCM_JointEnergy) étaient associées à la SSR à 2 ans, et incluses dans le modèle prédictif. Après seuillage optimal grâce aux courbes ROC, la taille tumorale (OR 5,75, p=0,036) et FirstOrder_Entropy (OR 0,12, p=0,026) demeuraient significativement liées à la SSR à 2 ans en analyse multivariée. Le modèle exclusivement clinique était surpassé par le modèle mixte (clinique et radiomique) à la fois dans le set d’entrainement (AUC 0,758 versus 0,825, véracité de prédiction de 75,9% versus 87,0%) et de test (AUC de 0,714 versus 0,898, véracité de prédiction de 78,6% versus 85,7%). Le modèle mixte permettait enfin de distinguer deux groupes, à bas et haut risque (HR 8,60, p=0,005).

Discussion

Conclusion

Un modèle mixte incluant 2 variables cliniques et 2 variables radiomiques était prédictif du contrôle de la maladie à 2 ans après CRT. Ce modèle pourrait permettre une meilleure sélection des patients à haut risque, dans une optique d’intensification du traitement et de médecine personnalisée.

Remerciements