JFHOD

S0 - Première démonstration de l'intérêt de la pause dans la stratégie thérapeutique du cancer colorectal métastatique : résultats de l'essai OPTIMOX 2.

Artru Pascal, Lledo Gérard, Maindrault-Goebel F, Mineur Laurent, Andre T, Bennamoun M, Mabro M, Louvet Christophe, de Gramont A
Introduction

La multiplication des traitements disponibles et en corollaire des toxicités possibles rend indispensable la mise au point de stratégie thérapeutique dans le cancer colorectal métastatique (CCRM). L'essai OPTIMOX 1 a démontré qu'une séquence thérapeutique prévoyant 6 cycles de FOLFOX 7 puis traitement de maintenance par LV5FU2s puis reintroduction du FOLFOX était aussi active et mieux tolérée qu'une administration de FOLFOX4 poursuivie jusqu'à progression (1). Le but de l'étude OPTIMOX 2 était de comparer à ce schéma OPTIMOX 1, une séquence prévoyant une pause thérapeutique au lieu d'un traitement de maintenance.
 

Patients et Méthodes

OPTIMOX 2, prévue initialement comme une phase III, fut transformée en une phase II randomisée multicentrique avec l'arrivée du bevacuzimab. Les patients avec CCRM non traités (ou ayant reçu une chimiothérapie adjuvante depuis plus de 6 mois) étaient randomisés entre un bras OPTIMOX 1 : 6 cycles de FOLFOX 7 suivis de LV5FU2s jusqu'à progression puis réintroduction du FOLFOX ; et un bras OPTIMOX 2 prévoyant un arrêt complet de la chimiothérapie et réintroduction du FOLFOX lors d'une progression tumorale au niveau des mesures de baseline. Les réponses étaient évaluées après 4 et 6 cycles puis tous les deux mois.
 

Résultats

Deux cent deux patients ont été enrôlés dans 12 centres en deux ans. Les taux de réponse ont été (bras OPTIMOX 1 / bras OPTIMOX 2) : Réponse complète : 3 / 3 % ; Réponse partielle 58 / 58 %, RC + RP 61 / 61%, stabilité 27 / 32 %, progression 11 / 6 %, non évaluables 0 / 1 %. En cas de réintroduction les taux de RP ont été respectivement de 13 et 31 %. Les médianes de survie sans progression (SSP) ont été de 8,7 versus 6,9 mois (p = 0,009) mais les médianes de durée de contrôle de la maladie (somme des SSP de la première séquence de FOLFOX7 et de celle de la réintroduction en l'absence de progression à la première évaluation) ont été de 12,9 mois et 11,7 mois (p = 0,41).
Dans le bras OPTIMOX 2 la médiane de la pause fut de 4,6 mois. Elle était de 5,1 mois en cas de réponse initiale et de 3,9 mois en cas de stabilité après les 6 FOLFOX initiaux. Enfin elle était de 8 mois en l'absence de facteurs de mauvais pronostic contre 4,6 mois en cas de présence d'un de ces facteurs (IP 2, LDH élevées, PAL>3N, >1 site métastatique).
 

Conclusion

Une stratégie type OPTIMOX 1 avec traitement de maintenance offre une meilleure médiane de SSP mais pas de gain de médiane de durée de contrôle de la maladie. La pause thérapeutique apparaît donc comme une option thérapeutique valide avec de probables bénéfices en qualité de vie. Les patients les plus susceptibles d'en bénéficier sont les patients répondeurs après 3 mois de FOLFOX et sans facteurs initiaux de mauvais pronostic. L'essai OPTIMOX 3 actuellement en cours évalue l'intérêt de pause de chimiothérapie combinée à des thérapeutiques ciblées.
Des résultats actualisés seront présentés au congrès.