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P0 - Première expérience française de la capsule oesophagienne Pill Cam Eso® : à propos de 24 cas

Delvaux Michel, Gay Gérard, Fassler I, Röesch Thomas
Introduction

La capsule oesophagienne (Pill Cam Oeso, Given Imaging, Yoqneam, Israel, basée sur la même technologie que la capsule intestinale, a été récemment proposée pour explorer l’œsophage. Le but de cette étude non contrôlée est de rapporter les résultats de notre expérience initiale avec ce dispositif, afin d’évaluer les possibilités diagnostiques chez des patients nécessitant une endoscopie de l’oesophage.

Patients et Méthodes

24 patients (14 hommes, 10 femmes, âge moyen 56 ± 14 ans) avec une indication d’endoscopie oesophagienne ont été inclus. Les patients avec une dysphagie ou des troubles de la déglutition et les femmes enceintes ont été exclus. Avant l’enregistrement, les patients étaient équipés de 3 électrodes cutanées au niveau du sternum et de l’hypochondre gauche. A jeun depuis minuit, les patients buvaient 200 mL d’eau avant d’ingérer en position allongée, la capsule munie de deux systèmes optiques et d’une batterie permettant l’enregistrement de 2 x 14 images/min pendant 20 min. Après 2 min, les patients étaient placés demi-assis et s’asseyaient au bord du lit après 5 min. Pour chaque enregistrement, étaient notés la durée du transit oesophagien, la difficulté d’ingérer la capsule en position couchée, les lésions observées et le diagnostic proposé et le niveau de qualité viuselle jugée par le médecin sur une échelle visuelle de 1 à 10 (EVA).

Résultats

12 patients présentaient des signes de reflux gastro-oesophagien, 4 une hypertension portale et 8, des motifs divers d’endoscopie oesohagienne. Tous les patients ont pu ingérer la capsule en position couchée, sauf 2, en position assise. Le temps de transit oesophagien était inférieur à 15 secondes chez 8 patients (moy = 4,9 ± 5,1 s), de 98,5 ± 73,5 s chez 5 et supérieur à 480 s chez 9. La durée du transit oesophagien était corrélée avec l’âge du patient (r² = 0,3361). La capsule n’atteignait pas l’estomac chez deux patients au cours des 20 minutes d’enregistrement. Des lésions de reflux (oesophagite, endobrachyoesohage, ulcère) étaient observées chez 9/12 patients avec RGO. Des varices oesophagiennes étaient observées chez 3 des 4 patients avec HTP. Aucune autre lésion n’était observée. La qualité de l’examen était jugée moyenne par l’examinateur dans 18 cas (EVA moyenne = 4,6 ± 2,7 cm), le plus souvent à cause de la présence de salive dans l’œsophage. Aucune complication n’était observée.

Conclusion

La capsule oesophagienne est de réalisation facile et bien tolérée. Des lésions oesophagiennes attendues sont reconnues chez 75 % des patients mais l’examen est souvent considéré comme difficile à interpréter par l’examinateur. Des études contrôlées sont nécessaires pour comparer les résultats de la capsule oesophagienne et de l’endoscopie classique, afin de préciser les indications potentielles de la capsule au niveau de l’œsophage.