JFHOD

P0 - Prévalence de la carence martiale dans la maladie de Biermer

Cadiot Guillaume, Lagarde S, Jovenin N, Diebold MD, Jaussaud R, Bertin E, Jolly D, Thiéfin Gérard
Introduction

Le fer est apporté dans l’alimentation principalement sous forme de fer ferrique, qui, pour être absorbé, doit être réduit en fer ferreux grâce à l’acidité gastrique. Une carence martiale peut être observée en cas de gastrite atrophique fundique. Le but de ce travail était d’évaluer la prévalence de la carence martiale dans la maladie de Biermer.

Patients et Méthodes

102 malades atteints de maladie de Biermer ont été inclus rétrospectivement sur une période de 15 ans. Les critères d’inclusion étaient : 1- le diagnostic anatomo-pathologique de gastrite atrophique fundique et 2- un critère d’auto-immunité (anticorps et/ou pathologie auto-immune) . La carence martiale était définie par une baisse de la ferritinémie < 15 microg/L chez les femmes et 40 chez les hommes. La prévalence de la carence martiale a été estimée ainsi que les facteurs qui lui étaient associés.

Résultats

L’hémogramme était normal chez 20 malades (19,6 %) ; une microcytose avec ou sans anémie était notée chez 14 malades (13,7 %) et une macrocytose avec ou sans anémie chez 57 (55,9 %) . Dix-sept des 64 malades (26,6 %) ayant eu un dosage de la ferritinémie avaient une carence martiale. Ces 17 sujets étaient tous des femmes, d’âge moyen significativement plus jeune (40,3 ans) que les sujets sans carence martiale (61,7 ans, p<0,0001) . 76,5 % des femmes du groupe avec carence martiale avaient moins de 50 ans vs 28,6 % des femmes du groupe sans carence martiale (p = 0,002) et 61,9 % des femmes de moins de 50 ans avaient une carence martiale vs 28,6 % des femmes de plus de 50 ans. La fréquence de l’anémie était similaire dans les groupes avec et sans carence martiale (70,6 % et 70,2 %) . La microcytose était plus fréquente dans le groupe avec carence martiale (47,1 % vs 6,4 %) et la macrocytose plus fréquente dans l’autre groupe (63,8 % vs 29,4 %) . La fréquence de la carence en vitamine B12 était similaire dans les 2 groupes (56,2 % dans le groupe avec carence martiale vs 68,2 %) Les taux moyens de la gastrinémie n’étaient pas différents entre les 2 groupes, mais l’hyperplasie des cellules endocrines fundiques, qui témoigne indirectement de la sévérité de l’atrophie, était plus fréquente chez les sujets avec carence martiale (94,1 % vs 61,7 %, p = 0,01).

Conclusion

La prévalence de la carence martiale dans notre population est élevée, estimée entre 16,7 % (17/102 malades) et 26,6 % (17/64 malades ayant eu un dosage de la ferritinémie) . La carence martiale peut être le résultat d’une malabsorption du fer secondaire à l’atrophie fundique, révélée chez les femmes jeunes probablement à cause des pertes gynécologiques associées. Une anémie ferriprive, une microcytose ou un hémogramme normal ne doivent pas faire méconnaître une maladie de Biermer. Des biopsies fundiques et antrales doivent être faites en cas de carence martiale inexpliquée.