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C.103 - Prévalence de la pullulation microbienne intestinale au cours du syndrome de l’intestin irritable (SII) : la production d’H2 ou de CH4 n’est pas corrélée à la sévérité du SII

P. Onana-Ndong, E. Mariné-Barjoan, D.J. Ouizeman, R. Mroue, G. Vanbiervliet, R. Anty, T. Piche

Introduction

La prévalence de la pullulation microbienne intestinale (PMI) identifiée par les tests respiratoires varie entre 11 et 84% au cours du syndrome de l’intestin irritable (SII). Le lien entre la production d’hydrogène (H2) ou de méthane (CH4), le phénotype du SII (constipation prédominante SII-C, diarrhée prédominante SII-D, alternance diarrhée et constipation  SII-A) et la sévérité des symptômes n’est pas bien documenté. L’objectif de cette étude était de déterminer la prévalence de la PMI au cours du SII et de comparer la production de gaz à la sévérité du SII.

Patients et Methodes

150 malades atteints de SII ROME IV (117 F, 33 H, âge moyen 49±15 ans) ont été inclus prospectivement (45 SII-C, 65 SII-D, 40 SII-A) entre Janvier et Septembre 2021 dans le service d'Explorations Fonctionnelles Digestives. Un test respiratoire au glucose (50g) mesurait la production d’H2 et de CH4 toutes les 15 minutes pendant 3 heures. Un test était positif quand les valeurs d’H2 dépassaient 12 ppm au cours des 90 premières minutes et /ou quand une valeur de CH4 dépassait 10 ppm (1). Les malades autoévaluaient toutes les 15 min l’inconfort digestif et les ballonnements pendant le test sur une échelle visuelle analogique (EVA 1-10). La sévérité du SII (score de Francis), la qualité de vie (GICLI), l’anxiété et la dépression (HAD) étaient mesurés avant le test respiratoire.

Résultats

La prévalence de la PMI dans le SII était de 38,6% (12% à l’H2, 26,6% au CH4). Un test positif au CH4 était significativement plus fréquent chez les malades ayant un SII-C (12% vs SII-D 6% et SII-A 8,6%, p=0,05). La prévalence des tests positifs à l’H2 n’était pas différente entre les sous types de SII (SII-C 1,4%, SII-D 6,6%, SII-A 4%, NS). Les scores de sévérité du SII, de qualité de vie, d’anxiété ou de dépression étaient similaires dans les trois phénotypes de SII. La production totale d’H2 n’était pas significativement différente entre les trois phénotypes de SII. En revanche, la production de CH4 était significativement plus importante au cours du SII-C (150±67 ppm vs SII-D 79±155 ppm et SII-A 105±122 ppm, p=0,05). La production d’H2, de CH4 ou la somme des deux n’étaient pas corrélées à la sévérité des symptômes de SII, ni à l’anxiété, la dépression ou à la qualité de vie. La sévérité de l’inconfort abdominal et des ballonnements pendant le test (EVA) était corrélée significativement à la sévérité du SII (SII-C r=0,48, p<0,001 ; SII-D r=0,38 p=0,05; SII-A r=0,44, p<0,001) mais pas à la quantité de gaz produite lors des tests.

Discussion

Conclusion

Dans cette cohorte de patients atteints de SII, la prévalence de la PMI évaluée par un test respiratoire au glucose en mesurant deux gaz (H2 et CH4) est de 38,6%. La production de CH4 est plus élevée dans le SII-C. L’inconfort abdominal et les ballonnements déclenchés au cours des tests respiratoires sont bien corrélés à la sévérité du SII mais ne dépendent pas de la quantité d’H2 et/ou CH4 produite dans l’air expiré. 

Remerciements