JFHOD

P.337 - Prévalence de l'infection VHC en SSR addictologique

P. Perney, T. Baumes, S. Pelletier, R. Alarcon, H. Donnadieu-Rigole, A. Luquiens, B. Nalpas

Introduction

Compte tenu de la très bonne efficacité des traitements antiviraux actuellement disponibles, le dépistage des sujets contaminés par le VHC est essentiel (recommandation AFEF, mars 2017). Le dépistage est donc important notamment dans les populations à risque dont les usagers de drogues, en particulier chez les injecteurs (Pioche et al., Bull Epidemiol Hebd, 2016).

Les services de Soins de Suite et Réadaptation Addictologique (SSRA) sont principalement destinés à des malades ayant un trouble de l’usage de l’alcool (TUA) qui souhaitent devenir abstinents. Ces patients ont fréquemment des co-consommations, en cours ou dans les antécédents, ce qui pourrait faire de ces SSRA un lieu à fort risque de contamination par le VHC.

L’objectif de cette étude, à notre connaissance la première du genre, était d’évaluer la prévalence de la contamination VHC en SSRA et d’identifier les facteurs de risque addictologiques de ces contaminations.

Patients et Methodes

Il s’agit d’une étude bi-centrique prospective effectuée dans 2 SSRA du bassin nîmois, dans laquelle une recherche systématique d’AC anti-VHC était effectuée, quel que soit le type de consommation de produits psychoactifs ayant justifié l’hospitalisation. En cas de positivité des AC, l’ARN VHC était recherché.

Outre les principales données sociodémographiques, les consommations de produits psychoactifs étaient colligées. Il s’agissait de : consommation d’alcool (durée, consommation quotidienne moyenne) ; consommation de tabac (en cours ou dans les antécédents) ; consommation de cannabis, de cocaïne, d’ecstasy, d’amphétamine, de drogue de synthèse, d’héroïne, d’autre drogue, avec pour chacun de ces produits : en cours, ou dans les ATCD (et dans ce cas : expérimentation ou consommation régulière), durée de consommation.

Résultats

Pendant la période d’inclusion de 3 mois, 195 patients ont été inclus (149 hommes et 46 femmes), d’âge moyen de 49,7±10,3 ans. Le premier motif d’admission était un TUA dans tous les cas sauf 3. Les co-consommations de produits psychoactifs étaient les suivantes (exprimées en % de la population totale de l’étude) : tabac = 58,4 % dont 49 % en cours ; cannabis = 61%, dont 28,7% en cours ; cocaïne = 38,4% dont 13,8% en cours ; héroïne = 19,4% dont 0,5% en cours ; drogues de synthèse = 31,7 % dont 3,6% en cours.

La prévalence des AC anti-VHC était de (6,1%, 12/195) sur l’ensemble de la série et de 28,9% chez ceux ayant des antécédents d’injection IV. L’ARN était présent dans 3 cas (1%). Cette positivité était déjà connue par les patients, donc il n’y a pas d’infection active découverte de novo. Chez les 12 patients anti-VHC +, un facteur de risque addictologique à l’infection a été identifié dans 11 cas : il s’agissait d’antécédent d’injections intra veineuses. Pour le douzième, le mode de contamination probable était des soins dentaires complexes et prolongés.

Discussion

Conclusion

La prévalence de contamination par VHC dans cette population de SSRA, à recrutement prioritaire alcool, était très importante (6,2%), largement supérieure à celle observée dans la population générale (0,75 %). Toutefois, le dépistage chez les patients sans antécédent d’injection IV était peu rentable, puisque dans notre série il ne permettait d’identifier qu’un seul cas VHC+, un patient ayant une histoire complexe de gestes vulnérants. D’autre part, les 3 patients ayant un ARN VHC positif connaissaient leur statut viral.

Enfin, l’utilisation qu’un questionnaire addictologique très exhaustif suggère qu’un TUA sans autre co-consommation hors tabac, n’est pas un facteur de risque d’infection par le VHC.

Remerciements