JFHOD

P.463 - Prévalence des lésions pré-néoplasiques au cours des gastriques chroniques : étude prospective

R. Mabizari, C. Helis

Introduction

Les  gastrites  chroniques  sont  des  maladies  inflammatoires  de  causes  diverses, touchant la muqueuse de l'estomac et elles  exposent  à  un  risque de  cancérisation. L’objectif  de  notre  travail  est  de  déterminer  la  prévalence  des  lésions  pré-néoplasiques  gastriques  à  savoir  l’atrophie,  la  métaplasie  intestinale  et  la  dysplasie  chez  les  patients ayant  une  gastrique  chronique. 

Patients et Methodes

Il  s’agit  d’une  étude  prospective  réalisée  au  niveau  de  l’unité  de  Gastro-entérologie  de  l’Hôpital Mixte  de  Djelfa  entre  Juin  et  Octobre  2021.  Nous  avons  inclus  tous  les  patients  ayant  une  gastrite chronique  prouvée  histologiquement  sur  des  biopsies  per-endoscopiques.  Un  test  respiratoire  à l’urée  marqué  a  été  pratiqué  le  même  jour  de  l’endoscopie  pour  la  recherche  d’Hélicobacter  pylori (Hp).  L’atrophie  a  été  classée  selon  OLGA  (Operative  Link  for  Gastritis  Assessment).              Les  données  démographiques,  cliniques,  endoscopiques  et  anatomo-pathologiques  ont  été  rapportés sur  une  fiche  Excel préétablie. 

Résultats

Quarante  patients  ont  été  colligés,  avec  un  âge  moyen  de  41,4  ans  [19,  82]  et  un  sex-ratio  (H/F)  de 0.74.  Dans  notre  série,  25%  (n=10)  sont  tabagiques  actifs,  la  gastrite  chronique  est  souvent  liée  à  Hp dans 62.5%  (n=25)  et  le  test  respiratoire  est  positif  chez  42.1  %  (n=16/38). Les  lésions  pré-néoplasiques  ont  concerné  45  %  (n=18).  L’atrophie  est  retrouvée  chez  45  %  (n=18), elle  est  de  topographie  antrale  dans  50%  (n=9),  antro-fundique  dans  44.4%  (n=8)  et  fundique  dans 5.5%  (n=1).  La  répartition  des  patients  (n=35)  selon  la  classification  OLGA  est  comme  suit  : stade  0  (62.8%),    stade  I  (22.8  %),  stade  II  (11.4  %),  stade  III  (2.8  %)  et  stade  IV  (0  %). La  métaplasie  intestinale  est  retrouvée  chez  15 %  (n=6),  elle  est  fundique  dans 50%  (n=3),  antrale dans 33.3%  (n=2)  et  antro-fundique  dans 16.6%  (n=1).  Aucun  patient n’a de  dysplasie. 

Discussion

Nous avons enregistré une prévalence élevée de lésions pré-néoplasiques à 45%, alors que notre population était relativement jeune, avec un âge moyen de 41,4 ans. Cela suggère une contamination très tôt au cours de la petite enfance par Hp, retrouvé dans 62.5 %.

Conclusion

Dans notre série, les gastrites chroniques étaient souvent liées à Hp, et les premières analyses ont montré des prévalences élevées d’atrophie et de métaplasie intestinale estimées respectivement à 45 % et 15%, sans évidence de dysplasie. 

Remerciements