JFHOD

P0 - Prévalence des tumeurs colorectales lors des coloscopies réalisées à l'hôpital général en France

Bonithon-Kopp Claire, Pariente Emile Alexandre, Nalet Bernard, Cottet V, Milan C, Fardeheb M, Lafon J, Olschwang S, Bonaïti-Pellié C, Bonithon-Kopp C
Introduction

Le rendement diagnostique de la coloscopie en matière de tumeurs colorectales est mal connu en pratique quotidienne. Nous avons déterminé la prévalence des adénomes et des cancers colorectaux en fonction de l’âge, du sexe, de l’indication de l’examen, et comparé leur fréquence chez les malades examinés pour dépistage, surveillance, ou symptômes.

Matériels et Méthodes

Toutes les coloscopies faites sur une période de 6 ou de 12 mois entre 1996 et 1999 dans 18 services de gastroentérologie d’hôpitaux généraux (ANGH) ont été enregistrées, pour définir une population de référence dans une étude cas-témoin et familiale recherchant des facteurs génétiques de prédisposition aux tumeurs colorectales (GEADE) . Les malades examinés pour maladie inflammatoire de l’intestin, polypose familiale, syndrome HNPCC, ou surveillés après un cancer colorectal ont été exclus. La fréquence des adénomes et des cancers a été étudiée en fonction de l’âge, du sexe, de l’indication, et des antécédents personnels ou familiaux par une approche statistique multivariée utilisant la régression logistique pas à pas.

Résultats

4891 coloscopies (une par malade) ont été analysées. La présence d’un cancer ou d’au moins un adénome a été détectée respectivement chez 2,5% et 18,0% des patients. La prévalence des tumeurs colorectales augmentait avec l’âge et le sexe masculin.
Après ajustement sur le sexe, l’âge, le centre, et les autres facteurs d’indication de la coloscopie, le risque de cancer augmentait avec la présence de symptômes graves (occlusion, amaigrissement, anémie, recherche de cancer primitif) (OR = 5,2, p<0.001) ou de rectorragie (OR = 3,4, p<0.001) et avait tendance à diminuer en cas d’antécédent personnel de polype (OR = 0,4, p = 0.07). Le risque de gros adénomes (≥10 mm) augmentait en cas de rectorragie (OR = 2,2, p<0.001), d’antécédent personnel de polype (OR = 2,1, p<0.001) ou d’hémoccult positif (OR = 2,4, p = 0.07) et tendait à diminuer en cas de troubles fonctionnels intestinaux (OR = 0,7, p = 0.09).Un antécédent personnel de polype augmentait le risque de petit adénome (OR = 2,9, p<0.001), de même que des antécédents familiaux de cancer (OR = 1,9, p<0.001) ou de polypes (OR = 2,5, p = 0.004).

Conclusion

Nos résultats montrent que la prévalence des tumeurs colorectales varie avec l’âge, le sexe, et l’indication de l’examen et suggèrent une réduction du risque de cancer colorectal après exérèse des adénomes. Les données obtenues peuvent aider à une meilleure utilisation de la coloscopie.