JFHOD

P.431 - Prise en charge des condylomes anaux : expérience d'une unité de proctologie

A. Benzzine, H. Mahtal, F. Haddad, M. Tahiri Joutei Hassani, W. Hliwa, A. Bellabah, W. Badre

Introduction

Les condylomes de l’anus constituent une affection fréquente en proctologie. Ce sont des lésions macroscopiques en rapport avec l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente dans le monde, à savoir le Human papilloma virus (HPV). Leur traitement peut être long et difficile lorsqu’ils sont récidivants.

L’objectif de ce travail est de décrire les aspects épidémiologiques, thérapeutiques et évolutifs de cette affection.

Patients et Methodes

C’est une étude rétrospective et descriptive portant sur 107 patients ayant été traités pour des condylomes anaux, sur une période de 8 ans, allant de janvier 2011 à Décembre 2018. Ces patients ont bénéficié d’un examen proctologique, d’un bilan d’infections sexuellement transmissibles puis d’un traitement chirurgical suivi d’une étude anatomopathologique de la pièce opératoire. Les analyses statistiques ont été réalisées grâce au logiciel Excel.

Résultats

Cette étude a porté sur 107 patients. L’âge moyen était de 33.5 ans avec des extrêmes allant de 17 à 65 ans. On note une prédominance masculine, 72 patients étant de sexe masculin soit 67.2% et 35 de sexe féminin soit 32.7%, le sexe ratio étant de 2. Par ailleurs 37 patients étaient suivis pour infection à VIH soit 34.5% de l’ensemble des patients.

Des lésions condylomateuses de différentes tailles ont été observées chez nos patients. Leurs tailles varient de quelques millimètres jusqu’à plusieurs centimètres. Quatre malades (soit 3.7%) avaient des lésions macroscopiquement suspectes de malignité et 9 malades (soit 8.4%) avaient des condylomes acuminés géants. Les organes génitaux étaient envahis chez 9 malades (soit 8.4% des malades). En outre nous avons objectivé une atteinte intracanalaire chez 21 malades (soit 19.6% de l’ensemble de patients).

102 patients (soit 95.3%) ont beneficié d’un traitement chirurgical avec exérèse large des lésions et 5 malades ont bénéficié d’une résection palliative des lésions qui envahissait le système sphinctérien. L’électrocoagulation a été indiquée pour des lésions intracanalaires.

La plupart des lésions ont été diagnostiquées comme étant des condylomes acuminés chez 95 patients soit 88.78%. Des dysplasies de bas grade ont été retrouvées chez 9 malades (soit 8.4%). 9 lésions ont été diagnostiquées comme tumeur de Buschke Lowenstein, et 3 lésions ont révélé un cancer invasif (soit 2.8%).

L’évolution était bonne chez 83 patients (soit 77.57%). 18 patients (soit 16.8%) ayant présenté une récidive locale des lésions ont été repris chirurgicalement. 6 cas de sténose anale (soit 5.6%) ont été rapportés et traités par dilatation anale à l’aide de bougies. Les 3 patients avec lésion maligne ont bénéficié d'un traitement adjuvant à la chirurgie, consistant en une radiothérapie et/ou une chimiothérapie.

Discussion

Conclusion

Le condylome acuminé anal se développe suite à une infection par un HPV transmis à l'occasion d'un rapport sexuel. Le traitement des condylomes de l’anus est parfois désespérant à cause de la fréquence des récidives. Notre expérience montre que 18 patients (soit 16.8%) ont présenté une récidive découverte lors du suivi.

Remerciements