JFHOD

CO.117 - Prise en charge des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin aux urgences : un consensus national français

X. Hébuterne, P. Hausfater, L. Peyrin-Biroulet

Introduction

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) sont des maladies d’évolution imprévisible. Malgré les progrès thérapeutiques réalisés, notamment depuis l’arrivée des biothérapies, le recours au service d’accueil des urgences (SAU) pour ces patients reste fréquent et deux-tiers des passages aux urgences conduisent à une hospitalisation. Il n’existe à l’heure actuelle aucune recommandation sur la conduite à tenir lorsqu’un patient MICI se présente au SAU : scanner en urgence, hospitalisation ou retour à domicile. Certaines situations peuvent parfois conduire à une hospitalisation non nécessaire ou, au contraire, à un retour à domicile à tort. L’objectif de cette étude était de définir des critères pour aider à la prise de décision lorsqu’un patient MICI se rend au SAU.

Matériels et méthodes

Après une revue systématique de la littérature, un consensus a été recherché, via la méthode Delphi, sur la conduite à tenir pour la prise en charge d’un patient MICI aux urgences. Trois experts (2 gastroentérologues et 1 urgentiste) ont construit une première liste de critères qui, si rencontrés, pouvaient conduire à la réalisation d’un scanner en urgence ou à une hospitalisation. Un consensus Delphi à deux tours en ligne a été proposé à un panel de 119 professionnels de santé (68 gastroentérologues, 42 urgentistes et 9 infirmiers). Ils ont été invités à noter chaque critère sur une échelle à 4 points (de « Tout à fait d’accord » à « Pas du tout d’accord ») et à proposer au besoin des critères supplémentaires. Le niveau de consensus a été calculé pour chaque critère : le consensus était atteint pour un critère lorsqu’au moins 75% des votants lui avaient attribué la note « tout à fait d’accord » ou « d’accord ». Après le premier tour, une téléconférence nationale a été organisée pour présenter et discuter des résultats, et pour dresser la liste des critères pour le second tour. Le premier tour a eu lieu entre le 21 novembre et le 5 décembre 2018 et le second tour entre le 19 décembre 2018 et le 5 janvier 2019. 

Résultats

86 professionnels de santé ont participé au premier tour de vote et 58 au second. Pour la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, un consensus a été atteint sur les critères d’hospitalisation suivants : « titration morphinique », « fièvre », « vomissements », « signes cliniques et biologiques de déshydratation », « abcès ano-périnéal », « instabilité hémodynamique ». Les critères « ventre suspect », « résection intestinale dans les 30 jours » et « syndrome occlusif » ont fait l’objet d’un consensus tant pour l’hospitalisation que pour le scanner en urgence. Concernant les critères biologiques, un consensus s’est dégagé sur « hémoglobine < 9 g/dL ou diminution ≥ 2 g/dL » et « insuffisance rénale aiguë » comme critères en faveur de l’hospitalisation et « CRP très élevée » pour un scanner en urgence.

Discussion

Conclusion

Un groupe multidisciplinaire d’experts français est parvenu à un consensus sur une liste d’une dizaine de critères cliniques et biologiques, à utiliser dans la pratique quotidienne, lorsqu’un patient MICI est admis aux urgences. Le recours à cette liste pourrait améliorer la prise en charge aux urgences et le parcours de ces patients. Des études seront menées pour évaluer l’utilisation et l’impact de ce nouvel outil.

Remerciements

Les auteurs remercient tous les participants: S.Abitan,Rennes;M.Allez,Paris;R.Altwegg,Montpellier;A.Aubourg,Chambray-lès-Tours;D.Balma,Marseille;E.Batard,Nantes;C.Baudry,Paris;S.Beaune,Boulogne-Billancourt;E.Billet,Saint-Grégoire;A.Blain,Paris;A.-S.Bollart,Ploërmel;G.Bouguen,Rennes;A.Bourreille,Nantes;C.Brochard,Rennes;A.Buisson,ClermontFerrand;G.Cadiot,Reims;B.Camenen,Morlaix;C.Carolet,Reims;L.Carré,Rennes;E.Casalino,Paris; M.N.Cavicchi,Créteil;V.Cluzeau,Nice;B.Coffin,Colombes;F.Cordet, Bordeaux; J. Cotterea, Laval; B.Coulibaly, Carpentras;S.Curac,Clichy; S.Deguelte,Reims;Q.Delannoy,Paris;S.Delerme, Paris; A.Desjeux,Marseille;D.Douillet,Angers;O.Duval,Laval;P.Faure,Toulouse;J.Filippi,Nice;M.Fumery, Amiens; M.-V. Gadret,Montfermeil; P. Gerbeaux,Marseille;C.Gilletta,Toulouse;I.Gorlot, Cesson-Sévigné; M. Graciet, Toulouse; J.-C. Grimaud,Marseille; I.Gueffet, Nantes; S.Guellouz, Saint-Malo;J.Guenezan, Paris;C.Guimard,Nantes; D.Hamdan,Angers;A.Herissay, Rennes; J.Jezequel, Brest; L.-M. Joly, Rouen;P.Jouet,Boulogne-Billancourt; D.Laharie,Pessac; A.Landrieux, Rennes; P. Le Conte, Nantes; M.Le Roux, Angers; C.Lemoine, Morlaix; J.Levraut, Nice; G. Malacarne, Paris; K.Marouf, Angers; C.Martins, Clichy; E.Morandeau,Rennes; J. Moreau-Faure, Toulouse; M. Nachury, Lille;S.Nahon,Montfermeil; S.Nancey,Pierre-Bénite; D. Pariente, Paris; A.-L. Pelletier, Paris; P.Pequin, Lorient;J.Pernet,Paris;A.-L.Philippon,Paris;H.Pillant-LeMoult,Paris;G.Pineton de Chambrun,Montpellier;L.Plastaras,Colmar;P.Ray,Dijon;J.-M.Reimund,Strasbourg;M.-C.Richard,Paris;J.M.Rotty,Ploermel;P.Seksik,Paris;A.Senejoux,SaintGrégoire;M.Simon,Paris;H.Soliman,Colombes;C.Stefanescu,Clichy;C.Trang,Nantes;V.Valli,Paris;M.Veltin,Vandoeuvre-lès-Nancy;A.Viallon,Saint-Etienne;S.Viennot,Caen; E.Wohlschies, Lannion; P.Zavadil,Saint-Brieuc. Etude réalisé avec le soutien de Janssen.