JFHOD

CO.143 - Prise en charge thérapeutique et survie des patients avec un carcinome hépatocellulaire avancé en France au cours de la période 2015-2017 : données de vie réelle

J.F. Blanc, N. Kelkouli, C. Laurendeau, P. Mathurin

Introduction

Le pronostic des patients atteints d’un carcinome hépatocellulaire (CHC) à un stade avancé est défavorable. Jusqu’en 2017, les formes avancées de CHC ne bénéficiaient que d’un seul traitement systémique d’efficacité démontrée. Les objectifs de cette étude étaient de décrire la prise en charge thérapeutique et la survie globale des patients atteints d’un CHC à un stade intermédiaire (B), avancé (C) ou terminal (D) de la classification BCLC (du Barcelona Clinic Liver Cancer Group) à partir du Système national des données de santé (SNDS) au cours de la période 2015-2017.

Patients et Methodes

Le SNDS contient les données médico-administratives de 99 % environ de la population vivant en France. Cette base de données comporte les données de remboursement des soins de santé et les données d’hospitalisations du Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI). Les patients ont été inclus dans l’analyse s’ils présentaient un code de diagnostic CIM-10 : C220 entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2017. Les patients ayant présenté un autre cancer primitif après le diagnostic de CHC sans hospitalisation ultérieure pour CHC ont été exclus. Les stades B, C et D de la maladie ont été définis par l’identification d’une chimio-embolisation (CE) ou d’une radio-embolisation (RE) artérielles, d’un traitement systémique du CHC et/ou d’une admission dans un établissement de soins palliatifs (SP) au cours de la période de l’étude.

Résultats

17298 patients atteints d’un CHC de stade intermédiaire, avancé ou terminal, diagnostiqué entre 2015 et 2017, ont été identifiés dont 72,4 % étaient d’emblée à un de ces stades au diagnostic de CHC. La durée médiane de suivi depuis le diagnostic de stade B, C ou D a été de 3,0 mois [Min-Max : 0-35 mois]. Les patients étaient âgés en moyenne de 68,7 (± 11,3) ans et étaient des hommes dans 82,6 % des cas. Au cours du suivi, 29,6 % des patients ont été traités par CE ou RE et 27,1 % ont reçu un traitement systémique du CHC qui était du sorafénib dans la quasi-totalité des cas (99,5%). La durée médiane du traitement systémique a été de 7,9 mois (IC 95 % : 7,4-8,5]. A 12 mois, 62,5 % des patients avaient arrêté leur traitement, cette proportion passait à 40,3 % lorsque le décès était pris en compte en tant que risque compétitif. La survie depuis le diagnostic de stade intermédiaire, avancé ou terminal, différait selon le type du premier traitement de ce stade. Ainsi, la médiane de survie a été respectivement de, 23,7; 11,9 et 7,4 mois chez les patients traités initialement par CE, RE et thérapie systémique. Cette médiane de survie n’était plus que de 1 mois chez les patients n’ayant reçu aucun traitement.

Discussion

Conclusion

Le pronostic des formes avancées de CHC restait défavorable en France sur la période 2015-2017. Ces résultats confirment l’importance de disposer de traitements systémiques de seconde ligne afin d’améliorer la survie des patients ayant un CHC avancé. 

Remerciements