JFHOD

P.232 - Profil étiologique et évolutif des hépatites aiguës sévères

H. Ismail, F. Haddad, M. Tahiri Joutei Hassani, W. Hliwa, A. Bellabah, W. Badre

Introduction

L’hépatite aigüe sévère (HAS) correspond à une perte brutale des fonctions hépatiques chez des sujets ayant un foie antérieurement sain.  Elle est définie par un taux de prothrombine inférieur à 50 %, elle devient grave en présence de signes d’encéphalopathie hépatique. D’étiologies multiples elle peut mettre en jeu le pronostic vital surtout en l’absence de prise en charge précoce. L’objectif de cette étude est de décrire le profil étiologique et évolutif des hépatites aigues sévères.

Patients et Methodes

Il s’agit d’une étude observationnelle rétrospective concernant les patients admis dans un tableau d’hépatite aigue sévère à grave sur une période allant de janvier 2015 à septembre 2018. L’analyse des données a été faite à l’aide du logiciel SPSS.20 permettant également de vérifier la corrélation entre d’une part l’âge ; la découverte d’une cirrhose méconnue, le MELD et d’autre part la survenue du décès avec un taux de significativité à p < 0.05.

Résultats

Nous avons colligé 45 cas d’HAS. L’âge moyen des patients était de 34 ans. Une prise de médicaments hépatotoxiques a été retrouvée chez 42% des patients dont 63 % avaient consommé du paracétamol et 21 % des antibacillaires. 80% des patients présentaient un ictère cholestatique et 20% ont été admis dans un tableau d’encéphalopathie hépatique.  Une hépatopathie chronique méconnue a été retrouvée chez 33% des patients. Aucune étiologie n’a été retenue chez 43% des malades, une hépatite virale A (HVA) a été diagnostiquée dans 25 % des cas, une toxicité hépatique aux antibacillaires et une hépatite auto immune chez 10% ; une hépatite virale B et un Overlap syndrome chez 4% ; 1 seul cas présentait une hépatite virale C aigue. Une évolution favorable marquée par une amélioration clinique et biologique a été observée dans 66% des cas, le décès est survenu chez 29% des patients ; 3 malades ont refusé la poursuite des investigations et ont été perdus de vue. Parmi les malades décédés nous retrouvons tous les cas d’hépatotoxicité sévère aux antibacillaires, un seul cas d’HVA et 42% des malades chez qui aucune étiologie n’a pu être retenue. Le délai moyen de décès était de 11 jours. Le MELD était significativement lié à la survenue du décès (p=0.002), nous n’avons pas retrouvé de corrélation entre l’âge, l’existence d’une cirrhose méconnue et le décès.

Discussion

Conclusion

L’étiologie de l’hépatite aigue sévère n’a pu être étiquetée chez 42 % des patients mais il convient de noter la survenue précoce du décès empêchant la réalisation d’un bilan étiologique exhaustif. Bien que fréquente l’HVA semble avoir un bon pronostic, à contrario une hépatotoxicité sévére aux antibacillaires a conduit aux décès chez tous les malades. Quel que soit l’étiologie le MELD est un facteur de mauvais pronostic.

Remerciements