JFHOD

P.244 - Pronostic à court terme et à long terme des patients atteints d’ulcère gastroduodénal hémorragique

K. Cherid, N. Reboux, R. Arnachellum, J. Jézéquel, F. Cholet, M. Nonent, J.B. Nousbaum, M. Robaszkiewicz

Introduction

L’épidémiologie des hémorragies digestives hautes liées aux ulcères gastroduodénaux s’est modifiée au cours du temps. Les principales raisons sont le vieillissement de la population, les comorbidités liées à l'âge et le recours fréquent aux traitements gastro-toxiques ou modifiant l'hémostase. En parallèle, les techniques d’hémostase endoscopique ont évolué. Les objectifs de cette étude étaient : a) de décrire les caractéristiques des patients atteints d’ulcère gastro-duodénal hémorragique hospitalisés entre 2013 et 2017 dans un centre de recours ayant une activité d’endoscopie de niveau 2 et de niveau 3 ; b) d’évaluer leur prise en charge ; c) d’analyser la mortalité à court et long terme.

Patients et Methodes

Cette étude rétrospective concernait tous les patients âgés de plus de 18 ans hospitalisés pour un ulcère gastro-duodénal hémorragique ou ayant développé un ulcère en cours d’hospitalisation. Les caractéristiques démographiques, médicales, endoscopiques et les modalités de prise en charge étaient recueillies pour chaque patient. La survie à court et long terme était estimée à l’aide de la méthode de Kaplan-Meier ; les comparaisons de survie ont été effectuées à l’aide du test du Log rank.

Résultats

221 patients , âgés en moyenne de 70,5 +/- 14,8 années ont été inclus.  89 patients prenaient un traitement antiagrégant plaquettaire (40,3%) et 50 un traitement anticoagulant (22,6%). 20 patients prenaient un traitement par AINS (9,0%) et 9 un traitement par corticoïdes (4,1%). Les ulcères à haut risque de récidive hémorragique (Forrest Ia/Ib/lla/llb) représentaient 64,7% des cas. L’hémostase endoscopique était assurée par la combinaison de deux techniques dans 40,7% des cas. 79 patients ont eu une récidive hémorragique (35,7%). La récidive hémorragique était significativement plus fréquente chez les patients ayant eu une instabilité hémodynamique ou ayant eu une transfusion de concentrés globulaires ou de plasma frais congelé et chez les patients ayant une insuffisance rénale. 49,4% des récidives ont été traitées par endoscopie, 27,8% par embolisation artérielle, 22,8% par la combinaison de ces méthodes ; parmi ceux-ci, 4 patients ont été opérés. Le suivi médian était de 2,14 années. La mortalité globale à J30 était de 7,2%. Aucune différence significative n’était observée entre les patients âgés de plus et de moins de 65 ans, ni entre les ulcères à haut risque et à faible risque de récidive hémorragique. La probabilité de survie à 4 ans était de 52%. Les principales causes de décès étaient liées aux comorbidités. La survie à long terme n’était pas différente entre les ulcères à haut risque et faible risque de récidive. Une meilleure survie était constatée chez les patients n’ayant pas  eu de récidive hémorragique (p=0.005).

Discussion

Conclusion

Dans notre étude, l’âge moyen des patients atteints d’ulcère gastroduodénal hémorragique était plus élevé que dans d'autres séries de la littérature. Nous n'avons pas observé d’impact de la classification de Forrest sur le pronostic à court terme, suggérant que les techniques d’hémostase endoscopique et radiologique sont efficaces. Cependant, la récidive était associée à un taux de mortalité plus important à court terme et à long terme. La probabilité de survie à 4 ans était de 52%, les comorbidités représentant les principales causes de décès.

Remerciements