JFHOD

P.324 - Qualité de vie et utilisation des ressources de santé au cours d’un traitement par l’association glécaprevir/pibrentasvir en vie réelle chez les patients atteints d’hépatite chronique C : étude eVIEdence

D. Larrey, N. Boyer, D. Thabut, T. Asselah, S. Carret-Costin, A. Dillenschneider, J. Foucher, J.P. Bronowicki, G.P. Pageaux

Introduction

L’étude eVIEdence a pour objectif d’évaluer l’association Glécaprevir/Pibrentasvir (G/P) en condition de « vraie vie » en France et notamment de documenter la qualité de vie et le suivi des patients présentant une hépatite chronique C.

Patients et Methodes

eVIEdence est la cohorte française d’une étude observationnelle, longitudinale, multicentrique, internationale (9 pays) ayant inclus des patients atteints d’hépatite chronique C confirmée, de génotype 1 à 6, naïfs ou prétraités, avec ou sans cirrhose compensée, traités par la combinaison G/P en condition de « vraie vie ». L’objectif principal était la réponse virologique soutenue 12 semaines après la fin du traitement (RVS12). Des données démographiques et médicales des patients ainsi que des données de qualité de vie (échelle globale de santé (SF-36), échelle de sévérité de la fatigue (FSS), échelle de qualité du sommeil (PSQI), productivité au travail (WPAI)) et le nombre de visites de suivi, ont été recueillis. Le suivi des patients était de 12 semaines post-traitement. A ce jour en France, les inclusions sont terminées et le suivi des patients est en cours. 

Résultats

L’analyse intermédiaire de la cohorte française - eVIEdence, a porté sur les 487 patients, ayant pris au moins une dose de G/P, inclus entre avril 2018 et janvier 2019. Les patients étaient pour 89% non cirrhotiques, 86% naïfs de traitement, infectés par un génotype 1 dans 60% des cas, un génotype 3 dans 17% des cas et 87% avaient été assignés à une durée de traitement de 8 semaines par G/P. Parmi ces 487 patients, 46% avaient une consommation actuelle d’alcool (dont 39% ≥ 2 verres/j), 44% une histoire d’usage de drogues (dont 28% actifs < 12 mois ; 65% par voie IV) et 15% étaient sous traitement de substitution aux opiacés. Les comorbidités les plus fréquentes étaient l’hypertension artérielle (16%), la dépression (7%), le diabète (5%) et l’anxiété (4%). De nombreux patients étaient vulnérables avec des signes de précarité : 36% étaient sans emploi, 36% vivaient seul et 18% bénéficiaient de l’AME ou de la CMU.

A ce jour, parmi les 350 patients ayant des résultats de RVS12 évaluables, 99% (347/350) ont atteint une RVS12 quel que soit les caractéristiques du patient. Deux patients ont présenté une rechute et un patient est sorti prématurément de l’étude. L’observance globale au traitement était de 99%.

Pour les 261 patients ayant répondu au questionnaire SF-36 et ayant des données disponibles 12 semaines post-traitement (S12), une amélioration, d’au moins 2,5 points, a été observée pour 37% et 52% des patients pour les scores physiques et psychiques respectivement. Une amélioration est également observée entre la visite initiale et S12 pour les scores globaux de fatigue (16%), de qualité du sommeil (17%) et de productivité au travail (42%).

Dans l’ensemble, le nombre de visites de suivi médian était de 3 avec une médiane de 4 visites pour les patients cirrhotiques. Les visites en cours du traitement et post-traitement précoce étaient les plus fréquemment non effectuées.

Le seul effet indésirable (EI) avec une fréquence >5% était la fatigue (7%).  Il n’a pas été observé d’EI grave motivant l’arrêt prématuré du traitement.

Discussion

Conclusion

Dans l’étude eVIEdence, Glécaprevir/Pibrentasvir en vie réelle chez les patients présentant une hépatite chronique C a montré des taux de guérison élevés (99%) et une amélioration cliniquement significative de la qualité de vie dans une population incluant 46% de patients avec une consommation actuelle d’alcool, 44% avec une histoire d’usage de drogues et 15% sous traitement de substitution aux opiacés.

Plus de la majorité des patients ont présenté une amélioration cliniquement significative de la composante psychique de la SF-36.

En termes de suivi, la prise en charge était simplifiée avec un nombre médian de 3 visites de suivi. La visite post-traitement précoce était la plus fréquemment non effectuée.

Des analyses complémentaires des données de qualité de vie dans divers contextes cliniques seront également présentées lors du congrès.

Remerciements

AbbVie était promoteur de l'étude, a contribué à sa conception, a participé au recueil, à l'analyse et à l'interprétation des données, ainsi qu'à l'écriture, la relecture et la validation de cette présentation. Tous les auteurs ont eu accès à toutes les données pertinentes et ont participé à la rédaction, à l'examen et à la validation de cette présentation.