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P.166 - Quels résultats attendre d’une chimiothérapie par FOLFIRINOX panitumumab dans le traitement de première ligne du cancer colorectal métastatique (CCRM) en conditions de vie réelle ? Résultats d’une série multicentrique rétrospective

C. Meunier, D. Smith, J. Desrame, J.B. Bachet, A. Lièvre, M.G. Lapalus, R. Guimbaud, L. Clavel, C. Vernet, P. Artru

Introduction

La combinaison d’une trichimiothérapie de type FOLFOXIRI avec une thérapie ciblée par antiEGFR en 1ere ligne des CCRM non résécables n’a jamais été évaluée dans un essai de phase III à ce jour. L’essai de phase II VOLFI a comparé chez 96 patients l’association FOLFOXIRI panitumumab à un schéma FOLFOXIRI seul. L’association trichimiothérapie et antiEGFR apportait un bénéfice significatif en matière de taux de réponse et de résécabilité secondaire R0. Cet essai  n’avait pas permis de mettre en évidence de différence concernant la survie sans progression. Il semblait exister une  tendance pour une amélioration de la survie globale en faveur du bras FOLFOXIRI panitumumab bien que non significative (1). Cependant, le schéma FOLFOXIRI est peu utilisé en France, où lui est généralement préféré le FOLFIRINOX.

L’objectif de ce travail était de comparer les résultats de l’étude VOLFI avec des données « de vie réelle », en évaluant le taux de réponse et la résécabilité secondaire chez des patients traités par FOLFIRINOX et panitumumab. 

Patients et Methodes

30 patients traités dans 6 centres français entre janvier 2016 et juillet 2019 par une association de FOLFIRINOX et panitumumab en première ligne d’un CCRM non résécable d’emblée ont été inclus dans une base de données. Ont été relevées les caractéristiques du patient, de la tumeur, les données de suivi, de progression et de décès, la réponse tumorale selon les critères RECIST, la résécabilité secondaire des métastases, le taux de régression tumorale sur la pièce opératoire, les toxicités cutanée, digestive, hématologique de grade 3 et 4 ainsi que les complications infectieuses.

Résultats

La population de 30 patients était composée à 70% d’hommes, l’âge médian était de 54 ans [40-75].  Tous les patients avaient un statut OMS de 0 ou 1 à l’inclusion. La tumeur primitive était localisée dans 10% des cas dans le colon droit, dans 55% des cas dans le colon gauche, dans 35% des cas au rectum (90% de localisation gauche). Les tumeurs présentaient toutes un statut BRaf non muté, 10% des tumeurs présentaient une instabilité microsatellitaire. Il s’agissait d’une première ligne pour l’ensemble des patients. Tous les patients avaient été jugés non résécables en RCP.  Le suivi médian était de 9.5 mois [2-32]. Le taux de réponse était de 75%. 75% des patients ont présenté une réponse partielle, 20% une stabilité, 5% une progression sous traitement.  75% des patients ont été opérés secondairement. Chez ces patients, le taux de régression tumorale sur pièce histologique était en moyenne de 49%. La médiane de survie sans progression était de 14 mois (IC95[6-19]). La médiane de survie globale était de 29 mois (IC95[8-32]).  25% des patients ont présenté un ou plusieurs effets indésirables de grade 3 ou 4. 15% ont présenté une toxicité cutanée de grade 3, aucune toxicité de grade 4 n’a été relevée. 10% ont présenté une toxicité digestive de grade 4. 15% des patients ont présenté une toxicité hématologique de grade 3 ou plus. Un d’entre eux a présenté une complication infectieuse grave ayant nécessité une prise en charge en réanimation.  Aucun décès toxique n’a été constaté. 

Discussion

Conclusion

Dans cette série rétrospective, le schéma combinant une trichimiothérapie de type FOLFIRINOX avec du panitumumab semblait permettre un taux de réponse important, permettant une chirurgie secondaire des métastases chez trois patients sur quatre. La tolérance du traitement était acceptable avec 35% d’effets indésirables de grade 3 ou 4, dont 15% d’effets indésirables cutanés de grade 3. L’utilisation d’un schéma de type FOLFIRINOX semble potentiellement moins toxique que le FOLFOXIRI en combinaison au panitumumab.

Même si le recueil rétrospectif des données peut avoir sous-évalué la toxicité réelle du protocole, les résultats de ce travail sont comparables avec ceux de l’étude VOLFI. Une trichimiothérapie par FOLFIRINOX avec panitumumab chez un patient OMS 0-1 avec tumeur colique gauche pourrait représenter un futur standard en vue d’obtenir une résecabilité secondaire.

Remerciements