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CO.78 - REACH-2 : phase III randomisée contrôlée et réalisée en double aveugle, comparant le ramucirumab à un placebo en traitement de 2ème ligne des patients avec un CHC avancé ayant reçu en 1ère ligne du sorafénib et présentant un taux élevé d'AFP à l'inclusion

E. Assenat, A. Zhu, Y.K. Kang, C.J. Yen, R. Finn, P. Galle, J. Llovet, G. Brandi, H.Y. Lim, M. Pracht, K.M. Rau, P. Merle, K. Motomura, I. Ohno, B. Daniele, D.B. Shin, G. Gerken, P. Abada, Y. Hsu, M. Kudo

Introduction

Les patients atteints de carcinome hépatocellulaire avancé (CHC) avancé présentant un taux élevé d’alpha-foetoprotéine (AFP) ont un plus mauvais pronostic que celui de la population générale des CHC et ils ont besoin d’options thérapeutiques efficaces et bien tolérées. L’augmentation de l’expression du VEGF et VEGFR2 est associée à une forte expression de l’AFP dans les hépatocarcinomes. Le ramucirumab (RAM) est un anticorps monoclonal IgG1 humain qui inhibe l’activation du VEGFR2. L’étude REACH-2 a été conçue pour confirmer le bénéfice du traitement par RAM précédemment observé chez les patients de l’étude REACH dont le taux d’AFP à l’inclusion était ≥ 400 ng/mL.

Patients et Methodes

Les patients éligibles étaient âgés de 18 ans ou plus, présentaient un CHC de stade C ou B selon la classification BCLC, réfractaire ou ne se prêtant pas à un traitement locorégional, dont le taux d’AFP à l’inclusion était ≥ 400 ng/mL, de type Child-Pugh A, avec un PS de 0 ou 1, avec des paramètres hématologiques et biochimiques adéquats, et ils devaient avoir progressé pendant ou après un traitement par sorafénib, ou être intolérants au sorafénib. Les patients ont été randomisés (2:1) afin de recevoir du RAM 8 mg/kg iv ou un placebo (PCB) toutes les 2 semaines associés aux meilleurs soins de supports, jusqu’à progression de la maladie ou survenue d’une toxicité inacceptable. Le critère d’évaluation principal était la survie globale (SG). Les critères d’évaluation secondaires comprenaient la survie sans progression (SSP), le taux de réponse objective (TRO) selon les critères RECIST v1.1 et la tolérance.

Résultats

292 patients ont été randomisés dans les bras RAM (197) ou PCB (95). Les caractéristiques à l’inclusion étaient généralement équilibrées entre les deux bras. Le traitement par RAM a significativement amélioré la SG (SG médiane 8,5 mois vs 7,3 mois sous PCB, RR 0,710, IC à 95 % 0,531, 0,949, p = 0,0199) et significativement amélioré la SSP (SSP médiane 2,8 mois vs 1,6 mois sous PCB, RR 0,452, IC à 95 % 0,339, 0,603, p < 0,0001). Le TRO était de 4,6 % sous RAM vs 1,1 % sous PCB (p = 0,1156) et le taux de contrôle de la maladie (TRO + maladie stable) était de 59,9 % sous RAM vs 38,9 % sous PCB (p = 0,0006). Les événements indésirables de grade ≥ 3 survenant chez ≥ 5 % des patients dans le bras RAM étaient l’hypertension (12,2 % sous RAM, 5,3 % sous PCB) et l’hyponatrémie (5,6 %, 0 %).

Discussion

Conclusion

L’essai REACH-2 a atteint son critère d’évaluation principal montrant un bénéfice significatif de survie, le traitement par RAM réduisant le risque de décès (29 %) chez les patients présentant un CHC avancé avec un taux d’AFP ≥ 400 ng/mL et ayant progressé sous ou intolérants au sorafénib. Le traitement était bien toléré, avec un profil de tolérance comparable à celui préétabli avec RAM en monothérapie. REACH-2 est la première étude positive de phase III réalisée dans une population de patients atteints d’un CHC et sélectionnée selon un biomarqueur.

Remerciements

Lilly est le promoteur de cette étude.

Ces résultats ont été présentés au congrès annuel de l’ASCO (American Society of Clinical Oncology) du 1-5 juin 2018, Chicago, États-Unis.