JFHOD

P0 - Recherche des récepteurs à la somatostatine dans le carcinome hépatocellulaire par la scintigraphie au 111In-pentétréotide (Octréoscan®), en situation palliative. Etude rétrospective multicentrique française

Nguyen-Khac Eric, Moullart V, Ollivier-Hourmand I, Hugentobler A, Joly JP, Gallazzini C, Barbare Jean-Claude, Lobry C, Daneski V, Cadranel JF, Meyer ME, Dupas Jean Louis
Introduction

La présence de récepteurs à la somatostatine (SSTR) dans le carcinome hépato cellulaire (CHC) permettrait de proposer un traitement palliatif par l’octréotide retard avec un gain de survie (1). La scintigraphie au 111In-Pentétréotide (Octréoscan®) est une méthode de détection des SSTR. Celle ci a été peu étudié. But : Décrire les résultats de l’Oct® pour le dépistage des SSTR chez des patients porteurs d’un CHC au stade palliatif.

Matériels et Méthodes

Un Oct® a été réalisé chez tous les patients ayant un CHC au stade palliatif, avant tout traitement. Le diagnostic de CHC était retenu selon les critères de Barcelone. Le protocole de scintigraphie comportait une injection intraveineuse de 3 à 5 mCi (120 à 200 MBq) de Pent 111In. Acquisition des images à 4 (facultatif), 24 et 48 heures par des incidences standards (temps d’acquisition 10 à 15 mn) et des tomographies (tps acqui. 25 à 45 sec), optimisée par les données du scanner (comparaison visuelle ou par la fusion d’image).

Résultats

De sept 2004 à Juil 2005, 34 patients, 31 H et 3 F de 65±8 ans (Centre A : 16, Centre B : 10, Centre C : 6, Centre D : 2), ont bénéficié d’un Oct®. Ils avaient une cirrhose Child B8±2, d’origine alcoolique, virales ou autres dans 17 (50%), 10 (29%) et 7 (21%) des cas. Le CHC était diffus dans 7/34 (20,6%) des cas, et comportait plusieurs nodules dont le plus gros mesurait de 3 à 16 cm dans 27/34 (80%) des cas. La médiane de l’AFP était à 463 [1,7-990000 UI/mL]. Une thrombose portale était présente dans 17/34 (50%) des cas. Globalement l’Oct® était positif dans 12/34 (35%). La positivité pour les localisations hépatiques seules ou les métastases seules, était respectivement de 10/32 (31,2%) et 3/9 (33,3%). Pour chaque centre A, B, C et D, le pourcentage d’Oct® positifs était respectivement de 1/16 (6,25%), 8/10 (80%), 3/6 (50%), et 1/2 (50%). Les 12 pts ayant un Oct® positif ne différaient pas des 22 pts ayant un Oct® négatif pour l’âge, le sexe, l’AFP, la taille tumorale (plus gros nodule à 9,2±6,2 vs 5,8±4,2 cm p = 0,06), les scores d’Okuda et le Clip, la présence d’une ascite non contrôlée, et la thrombose portale. L’origine alcoolique de la cirrhose était plus fréquente dans le groupe Oct® négatif 14/12 (63,3%) vs 3/12 (25%) dans le groupe Oct® positif, p = 0,03. L’origine alcoolique était plus fréquemment présente dans le centre A que dans les autres centres (p = 0,005). Le score de Child était à 6,5±1,6 (gpe Oct® positif) vs 8,2±2,6 (Oct® neg) (p = 0,047).

Conclusion

En pratique clinique courante, les patients avec un CHC en situation palliative ont un Oct® positif dans 35% des cas. Ces résultats sont inférieurs à ceux de Dimitroulopoulos et al (1), pouvant être expliqués par des différences méthodologiques et étiologiques pour la cirrhose. D’autres études sont nécessaires, ainsi qu’une harmonisation des protocoles de scintigraphie au Pentetréotide 111In, dans cette indication.