JFHOD

P328 - Rectopexie pour prolapsus rectal et rectocèle symptomatique : résultats à moyen terme

Damon Henri, Barth Xavier, Roman Sabine, Garros Aurélien, Moret Stéphanie, Djeudji Filbert, Mion François

Introduction

Déterminer le niveau d’amélioration symptomatique à moyen terme de la rectopexie pour prolapsus rectal extériorisé (PR) et rectocèle symptomatique (RS). 

Patients et Méthodes

220 patients opérés d’une rectopexie au promontoire selon la technique de Orr-Loygue par le même opérateur entre 1998 et 2014 avaient renseigné un auto-questionnaire de symptômes et de qualité de vie en préopératoire. 97 patients (44%) ont renseignés en postopératoire le même auto-questionnaire : score d’incontinence anale (IA) de Jorge & Wexner (JW), score de constipation de KESS ; échelle d’anxiété dépression HAD ; score d’incontinence urinaire UI UDI-6 ; score de qualité de vie GIQLI.  Une constipation était définie par un score de KESS > 8/42. Une IA était définie par un score de JW > 4/20. L’évaluation globale des changements induits par la chirurgie était réalisée sur une échelle visuelle renseignée par le patient allant de -5 (aggravation sérieuse) à +5 (amélioration considérable). Une amélioration significative des symptômes (ASS) était définie par une notation >+2/5. En préopératoire, une manométrie ano-rectale (MAR) était réalisée dans 84 cas ; une échographie endo-anale était réalisée dans 59 cas.

Résultats

L’indication de la rectopexie était un PR dans 75 cas (77%) et une RS dans 22 cas (23%). L’âge moyen et le recul médian étaient respectivement de 61 ans (25-89) et de 3,6 ans (1-16). En préopératoire : il existait une IA et une constipation dans 93% des cas, sans différence entre PR et RS. Après chirurgie, les scores d’IA, d’IU étaient significativement améliorés, de même que le GIQLI et l’HAD. Il persistait une IA dans 58% des cas (PR : 67% ; RS : 27%), et une constipation dans 87% des cas (PR : 84%, RS : 95%). L’apparition d’une constipation était notée dans trois cas (groupe PR), d’une IA dans un cas (groupe RS). Une ASS était notée par 60% des patients (PR : 62% ; RS : 52%) : l’amélioration des symptômes d’IA et de la QDV était significativement supérieure dans ce groupe (JW : -6±1 vs -2±1; p= 0,0009 ;  (GIQLI : +16±2 vs -8±3 ; p<0,0001). Le seul facteur pré-opératoire associé à une ASS était un volume seuil du premier besoin constant en MAR plus bas (77+/-9 ml vs 107 +/-10 ; p=0.02). Les données échographiques, ainsi que les symptômes et QDV pré-opératoires n’étaient pas prédictifs de l’ASS. 

Conclusion

A moyen terme, environ 60% des patients s’estiment améliorés après rectopexie. Les scores de symptômes et de QDV sont globalement améliorés, avec une différence significative (JW et GIQLI) entre les patients améliorés et les autres. En préopératoire, seule l’altération de la sensibilité rectale détectée en MAR pourrait être un facteur de pronostic défavorable.