JFHOD

CO.112 - Reflux gastro-œsophagien et sleeve gastrectomy « dans la vraie vie » : recherche de facteurs associés à l’évolution symptomatique à 1 an de la chirurgie

B. Cohen-Sors, M. Coupaye, C. Gorbatchef, S. Ledoux, B. Coffin, A. Bado, L.J. Palmieri, H. Soliman, H. Duboc

Introduction

Si la sleeve gastrectomy (SG) est à présent l’intervention la plus pratiquée en France en terme de chirurgie bariatrique, son impact sur le reflux gastro-oeosophagien (RGO) reste controversé. Les objectifs étaient d’une part de décrire l’évolution symptomatique à un an de la chirurgie et d’autre part de déterminer si le statut pH-métrique et clinique préopératoire vis-à-vis du RGO, les données de la manométrie oesophagienne haute résolution (MHR) pré-opératoire ainsi que les habitudes alimentaires post-opératoires et l’évolution du poids pouvaient constituer des facteurs associés à l’évolution symptomatique à 1 an de la chirurgie.

Patients et Methodes

A partir d’une cohorte prospective monocentrique, nous avons étudié rétrospectivement 286 patients ayant eu une SG entre Janvier 2013 et Janvier 2017. Les patients avaient eu une évaluation clinique pré-opératoire et à 12 mois post-opératoire (M12), ainsi qu’une pH-métrie des 24 heures et une MHR pré-opératoire. Les données cliniques recueillies comprenaient la présence d’un RGO clinique, la consommation d’IPP, le poids et le nombre de repas par 24 heures. Les critères évalués étaient la présence d’un RGO clinique et la consommation d’IPP à M12. La recherche de facteurs associés à l’évolution symptomatique à M12 comprenaient les données de la MHR, le nombre de repas par 24 heures et le pourcentage de perte de poids. De plus nous avons composé 4 groupes de patients en fonction de leurs statuts pH-métrique et clinique pré-opératoire vis-à-vis du RGO afin de déterminer s’il existait une association entre ce statut et l’évolution symptomatique à M12.

Résultats

191 patients opérés d’une SG entre janvier 2013 et janvier 2017 ont été inclus. Le nombre de patients présentant un RGO clinique est passé de n=61 (31.94%) en préopératoire à n=69 (36.13%) à M12 (p=0.39). Il y avait une disparition des signes de RGO clinique chez 49,18% (n=30/61) des patients présentant des symptômes en préopératoire. Un RGO clinique de novo est apparu pour 29.23% (n=38/130) des patients. Le nombre de patients consommant des IPP à M12 augmentait significativement, passant de n=30 (15.71%) à n=67 (35.08%) (p<0,0001). 56.67% (n=17/30) des patients consommant des IPP avant la SG avaient arrêté leur consommation à M12. 160 patients sur les 191 ont eu une MHR avant la SG. Pour les patients présentant un RGO de novo clinique à M12, l’intégrale de contraction distale (ICD) moyenne était significativement plus basse (p=0.0493) et ils présentaient une tendance au syndrome de motricité inefficace (SMI) (p=0.0586). Il n’y avait pas d’association mise en évidence entre le nombre de repas par 24 heures ni le pourcentage de perte de poids avec les critères évalués. L’analyse de l’évolution symptomatique selon le statut pH-métrique et clinique vis-à-vis du RGO pré-opératoire a mis en évidence dans le groupe pH+/RGO+ (RGO pH-métrique et clinique) et dans le groupe pH-/RGO+ (RGO clinique mais pH-métrie négative), une résolution des signes cliniques de RGO dans 46.67% et 51.61% respectivement à M12. Dans les groupes pH+/RGO- (pH-métrie positive et absence de RGO clinique) et pH-/RGO- (pH-métrie négative et absence de RGO clinique), un RGO de novo clinique est apparu pour 38.46% et 25.27% des patients respectivement à M12 (difference non significative). Enfin, la consommation d’IPP est passée de 7.69% à 35.9% dans les groupes pH+/RGO- (p=0.0026) et de 6.59% à 29.67% dans le groupe pH-/RGO- (p<0.0001).

Discussion

Conclusion

Quelque soit le statut pH-métrique pré-opératoire, un RGO pré-opératoire «ressenti» est résolutif dans la moitié des cas à 1 an d’une SG et il existe une tendance au RGO de novo «ressenti» dans un tiers des cas. La consommation d’IPP augmente de plus de 50% à 1 an d’une SG. Le RGO de novo «ressenti» à M12 est associé à une ICD moyenne pré-opératoire plus basse et il y a une tendance à l’association au SMI pré-opératoire. Le fractionnement des repas et la pourcentage de perte de poids semblent indépendants de l’évolution symptomatique à 1 an.

Remerciements